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Invup, part 1

9 Juin
Voilà des lunes que j’ai écrit sur mon blogue. Ça me tente de m’y remettre et pourtant j’ai si peu de temps pour faire tout ce que je voudrais faire. Il y a des sacrifices à faire sur la route. Alors donc je vous raconterai un bout d’histoire qui s’appelle dûment Invup, l’étiquette sur mon rêve d’enfance qui se réalise en ce moment même.
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Quand j’avais 7 ans, j’ai démarré le Club des Aigles Sauvages avec mes meilleures amies d’enfance, Mali, Garence, Florence et Ghita dans notre petite maison de St-Philippe. Ce club nous donnait un cadre pour y faire une foule de projets, pièces de théâtre, expositions, spectacles de danse et autre entreprises d’après-midi qui visaient à soutirer quelques beaux dollars de la famille. On avait un gros pot de verre, toujours un peu trop vide, mais qui ultimement devait servir à acheter un cabanon, section que j’analysais chaque soir dans le catalogue « Canadian Tire » de mon père (prix, grandeur, couleur). Un cabanon serait idéal pour y établir notre siège social. Les cabanes de chaises et de drapés étaient trop éphémères, il fallait trop souvent remettre les chaises dans la cuisine pour y manger. Puis, nous avons grandi, trop vite semble-t-il, et l’idée du cabanon s’est fanée quelque part, m’en laissant sûrement des capacités d’analyse (de catalogue Canadian Tire) et un goût pour l’efficacité (comment contourner Maman qui veut qu’on range les chaises?).
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15 ans plus tard…

En fin de semaine, j’ai fait le ménage de mon garde-robe de la maison familiale (15 ans d’accumulation) et j’y aie trouvé plusieurs de ces pièces de théâtre écrites à la dactylo ou bien des exemplaires du Journal l’Expresso, le journal officiel du club. J’y aie trouvé un petit journal intime dans lequel j’y aie écrit à 10 ans: « Et là tu vois l’argent monter et c’est étourdissant, tu te demandes jusque où ca va aller », et autres quotes assez drôles qui m’ont démontré que j’étais une entrepreneure depuis toujours. Je me demandais un peu d’où ça venait et les réponses se sont déballées tranquillement. J’y aie trouvé un livre « Idées pour devenir riche », des croquis d’invention, des lettres corporatives d’Innovasun, de Résor, des start-ups dont le siège social est situé à Audesrightbrain City. J’ai trouvé les photos du spectacle de danse des cours que j’avais donné en sec.5, lesquels avaient été extrêmement trippant à donner tout en me payant quelques fringues. Il y a avait aussi des photos de moi qui vendais des fleurs sur le bord de la route mais qui ne fut pas un succès commercial faute d’étude de marché (ou de voiture pour aller dans un coin où il y avait des humains, pas juste des vaches), les seuls clients furent mes parents. Un autre campagnard qui achète les fleurs qui poussent dans sa cours aussi? Ils sont pas si bêtes! (Segmentation géographique).

J’ai trouvé aussi beaucoup, beaucoup de dessins de mode. Je voulais être designer de mode pendant plus de 10 ans et créer Vinvely. Je peux voir des parallèles avec le design maintenant et la business: on observe une tendance, un mouvement de société et on conçoit une solution à ce besoin de belle manière, de manière sexy, colorée et distinctive. Ces heures passées à regarder la télévision, des magasines, les gens, cette curiosité pour l’humain grandit maintenant sous une autre forme.
Et bref, je crois que la clé de nos passions se trouve dans le berceau de nos jeunes années, ces années pures et innocentes dans lesquelles tous les désirs étaient permis, dans lesquelles rien n’était ridicule. Depuis ce temps, le pessimisme, le réalisme et la morale de « petit peuple » ont terni le paysage.
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Parlez avec vos parents et décortiquez les histoires. Qu’aimiez-vous faire quand vous étiez petits? Qu’est-ce qui vous empêchait d’allez au lit ou de venir souper? Il y a là des pistes à ne pas ignorer.
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Part 2: Sur les bancs d’écoles, à moitié endormie
Part 3: Action, vision et Boston.

L’âge doré

10 Nov

Je franchis les portes du métro, j’arrive en trombe avec toute la fougue que me donne la jeunesse, mes 23 années bien comptées. Un gros sac trop lourd rempli de livres, mes espadrilles massacrées, je fais du vent lorsque je passe et mon reflet se floue sur les fenêtres.

Devant moi, un couple de personnes âgées tenant ce qui reste de leurs mains. Évidemment, je me dis que ça doit être dur de vieillir et de voir son corps dépérir de la sorte, de ne plus pouvoir partir à courir lorsque l’on est en retard, de ne plus pouvoir danser comme des feux d’artifices sur les chansons que l’on connait par cœur.

Et, à travers les rides sillonnant le visage de la dame trônant sur sa droite posture, je vois ses traits rajeunir en mon esprit et j’arrive à l’imaginer jeune, pimpante et si belle. Les lèvres pulpeuses, le visage rebondi, son sourire en inspirait d’autres avec une chevelure dense qu’aimait caresser son mari. Sûrement plus belle et ayant un visage plus symétrique que le mien. Aujourd’hui, lorsqu’elle passe, les hommes ne la voient plus.

Ici, on ignore la vieillesse, ça nous rappelle qu’on se dirige tous vers le même couloir, sombre et froid (ou chaud et lumineux pour ceux qui croient). Plus que de l’ignorer, on lui manque de respect, trop souvent. Si seulement ces hommes savaient. Je me demande si elle trouve ça dur de voir les regards s’éloigner avec les années ou bien si le caractère lent et progressif de la vieillesse permet d’avaler la pilule, avec les autres.

Elle aurait pu me raconter comment son mari l’a conquise, comment ils ont traversé les années ensemble, comment elle a élevé ses enfants en travaillant à l’autre bout de la ville, sans métro, sans autobus, comment elle a rit et pleuré pour sculpter son visage de la sorte, les bains de soleil en des lieux exotiques qui ont tâché son visage, les plus belles aventures… En 4 fois ma vie, je ne peux m’imaginer tout ce qu’elle a vécu. Mais je ne les connais pas et Peel est déjà là.

Au delà de sa beauté qui s’est transformée,  il y a donc aussi des histoires et des leçons à nous donner. Il serait bien de réviser notre vision des personnes âgées au Québec et, plutôt que de les éviter, s’inspirer des autres cultures et ainsi, ouvrir nos oreilles et nos cœurs à ces vétérans de la vie. Le temps des fêtes s’en vient et il semble que la solitude ronge trop souvent la joie de vivres de nos aînés, les saluer nous est gratuit et sans contredits fort apprécié. Et, encore mieux, écouter et absorber l’une de leur leçon de vie pour apprendre de celle-ci sera un beau cadeau pour nous, jeunesse frivole et inexpérimentée, et pour eux, dans cet âge d’or aux histoires dorées.

 

Le Même Bateau

19 Oct

Nous sommes individualistes. Oh quelle grande nouvelle, dit-elle juchée derrière son écran d’ordinateur bien loin de quelconque contact humain. Nous n’avons plus besoin des autres pour survivre et au fur et à mesure qu’une société se développe économiquement, elle s’enveloppe socialement, d’une bulle d’acier inoxydable, inébranlable. L’individu devient l’inconnu, l’inconnu devient la peur, la peur devient la menace. L’individu n’est plus l’un des nôtres, il n’est plus là pour nous rendre plus forts, parce que non, j’ai tout ce dont j’ai besoin, et même tellement plus. J’avais discouru sur le sujet lorsque je relatais mes voyages en sol colombien, oui, là-bas, il y a une onde d’ouverture sur les autres et une chaleur humaine qui se fond avec le soleil. Je ne crois pas qu’on puisse blâmer le climat nordique pour expliquer notre cas, malheureusement… Le développement économique est certainement l’un des facteurs. Qu’en est-il du reste?

Il faut comprendre la problématique car je crois qu’un stress immense tombe lorsque l’on s’ouvre aux autres. Cela implique (opinion personnelle): Ne pas se rendre malade et paranoïaque sur les trucs de confidentialité, parler aux inconnus, partager nos idées, discuter, toucher, rire, regarder les autres… Vous aurez deviné que je suis du type « expressive »  et oh combien non pudique de ma personne, je ne crois pas tout de même que ce soit toujours bénéfique et je ne dis pas non plus que tous devraient être aussi expressifs, la chose étant impossible de toute manière. Ma porte de chambre est toujours ouverte, mon sac fourre-tout l’est, mon Facebook  est assez stalker-friendly et je m’engage plusieurs fois par jour dans une mini discussion avec des inconnus. Pourquoi? Parce que chaque inconnu a une vie intéressante, des rêves, des expériences à partager. Mais, à premiers abords, ce sera par exemple, de féliciter un commis de son bon service à la clientèle, de parler religion avec le chauffeur de taxi, ce sera de rire d’une anecdote avec une vendeuse ou bien de souhaiter « bonne journée » aux gens qui quittent l’ascenseur après un silence assez torturant merci. (Il y a un malaise parce que tout le monde veut se parler mais se dit « oh non on ne se connaît pas, il ne faudrait pas… »). C’est certainement un point qu’il faut assimiler de nos voisins américains, le joyeux « Good Morning » partagé avec tous ceux que l’on croise, il me semble que ce seul petit geste change beaucoup de choses. Ça brise pleins de petites surfaces de glace sur nos cœurs.

Tous ces contacts avec ces inconnus sont une chance de toucher les gens, d’être touchés, d’améliorer substantiellement leur journée (dire « merci pour le bon service », ça coûte .05 ml de salive) et qui sait… de rencontrer la prochaine personne qui marquera votre vie. TOUS ceux que vous aimez et connaissez aujourd’hui furent des inconnus un jour ou l’autre, même votre copain, votre meilleur ami, vos parents. Alors tous les inconnus peuvent devenir partie intégrante de votre cœur et changer votre vie pour le mieux et vous pouvez devenez le facteur de changement positif dans leur vie.

Est-ce je dis qu’il faut parler à tout le monde? Non, on est plus de 6 milliards d’humains, je ne dis pas être aucunement sélective dans mes engagements émotifs. Est-ce que tout le monde devrait être super sociable? J’imagine que non mais je me demande réellement si quelqu’un de solitaire l’est pleinement par choix ou ne l’est-il pas à la suite de traumatismes et/ou de dysfonctions sociales qu’il veut éviter d’aviver dans le futur. Nous sommes essentiellement des être sociaux, oui, parce qu’il fut un jour, dans ces 10 000 d’évolution humaine, lorsque l’on avait besoin des uns des autres pour survivre. Je crois donc que les « solitaires » le sont par évitement et par cicatrisation mentale plutôt que par choix.

Lorsque j’entends des gens dire, avant de sortir en boîte que… »Ah moi je ne vais jamais rencontrer personne dans un club, c’est ben trop superficiel! »  Euh… Ok, mais si toi tu vas dans le club et que tu n’es pas con(ne) superficiel(le), ça se peut qu’il y aie d’autres gens possiblement intéressant comme toi, non?  C’est pas des martiens et/ou tous  des fans de Ed Hardy en Neon 95 montée qui s’emparent du nightlife montréalais tout de même. J’ai d’ailleurs rencontré quelqu’un cet été dans un lounge et bref, je suis très heureuse de cette rencontre et du fait que j’aie été ouverte à cette possibilité en ne m’aliénant pas du fait que l’évènement original s’était déroulé dans « un club tellement superficiel »!

On peut également juger  les inconnus, c’est vrai. Oui, ce n’est pas mal de juger puisque c’est inné, c’est une réponse automatique de notre cerveau, un réflexe essentiel à notre survie et qui survient sans même le commander (voir mon billet  Conjuger le verbe « juger »).  Mais malgré notre jugement et notre instinct, il faut prendre ces sens et son subconscient et leurs dire tout doucement: « Si j’avais eu la même enfance, la même éducation, les mêmes fréquentations, la même physionomie, le même cerveau, je serais au même point que cette personne. » Oui, tout est relatif, et ça c’est la vérité qui surpasse le traitement de nos sens. Si j’étais née à Ville X avec des parents absents, différents, avec des amis douteux, avec des histoires de cœur tranchantes, je serais peut être toxicomane, je serais peut être Ministre des Transports, je serais peut être en Inde pour étudier le cinéma Bollywoodien avec 12 enfants et une passion folle pour Nascar. Je suis un résultat de milliers de facteurs de changements et de rencontres, tout comme vous, tout comme eux, nous sommes Nous relativement à X à l’infini.

En fait, dans les derniers mois, mes « premières impressions » furent vraiment mises au défi. Exemple: Je rencontre une fille blonde sortant tout droit d’Alerte à Malibu, bikini Ed Hardy, semelles compensées blanches, bref, à prime à bords, ce n’est pas le profil qui sonnent les cloches de intellectualisme en mon esprit. Et pourtant, durant cette même soirée, j’ai eu la chance d’être confrontée à mon erreur de jugement. Cette fille m’a décidément impressionnée de par son expérience, sa détermination et par sa force de caractère. J’étais bien heureuse de voir que certains clichés ne déterminent en rien ce qu’est une personne à l’intérieure, c’est quétaine, mais c’est vrai et il faut se le rappeler.

Et donc, nous rencontrons des gens, serrons leurs mains de façon à ce qu’ils soient impressionnés de notre prestance, notre assurance, nous nous couvrons de formalités et de standards pour se fondre dans le moule du nord-américain qui réussit bien (et pourtant on veut tous être unique, comme c’est ironique). Vous savez quoi, je ne trip pas formalités et conventions irréfléchies et je crois que dans notre fort intérieur, personne n’aime agir comme un robot mais la peur du jugement nous pousse à agir ainsi. Exemple: En ce moment, je contacte des bureaux de comptables au travail. L’autre jour,  je me mets à faire des blagues et à rire avec le comptable, mais vraiment ce n’était pas le genre de contact « normal » ou prévisible dans ce genre de contexte. Enfin, histoire courte, l’appel se déroule super bien, il m’écrit un courriel super enthousiaste pour me dire à quel point il a apprécier me parler et rire le temps de notre conversation. Le stress de sonner comme quelqu’un d’autre avait tombé.

Vous savez, lorsqu’on arrive enfin à parler à quelqu’un au service à la clientèle d’une autre compagnie de *****, cette personne au bout du fil est peut être vraiment cool, fatiguée de sa journée, a peut être des opinions super intéressantes sur X… Bref, le ton formel, des fois devrait être mis à la poubelle et laisser place à conversations vraiment trépidantes. Quand je travaillais chez Chrysler les appels de 4 minutes s’allongeaient très souvent en réflexion sur l’économie, la philosophie, l’environnement… Je me suis tellement amusée à « humaniser » ces conversations et à établir une réelle connexion avec ces centaines d’inconnus qui croisent ma ligne de vie.

Être humain et être vrai ne peut jamais être mal, ça peut juste montrer que vous êtes bien avec vous-mêmes et donc avec les autres. J’aimerais tellement que demain, dans les tours à bureaux, tout le monde arrive en jogging pants et en t-shirt, en se parlant de notre enfance lorsqu’on se faisait des cabanes dans le salon, en se parlant de nos peurs et en s’humanisant les uns envers les autres d’une étreinte libératrice.

Nous sommes donc tous dans le même bateau et tout ce que l’on veut c’est d’être heureux. Et, avec nos parcours différents, nos perspectives sur le chemin à prendre étant tout aussi différentes, on essaie de s’apprivoiser ou on s’ignore lorsque nos regards viennent à se croiser. Et ce que font certains qui nous apparaissent comme des erreurs sont la résultante de cette perspective propre à eux, donc dans leur contexte pas vraiment une erreur mais un résultat de différents facteurs. Dans la réalité de certains, vendre de la drogue ou lâcher l’école est le chemin qui leurs semble sensé pour être mieux. Oui, nous sommes dans le même bateau, on veut tous de l’amour, de l’amitié, de la considération, un peu de reconnaissance, un sentiment d’appartenance, il n’y a pas personne au dessus de ça. Et les seuls moments où quelqu’un ne nous aime pas ou bien est bête avec nous, c’est bel et bien à cause de la peur, la peur de ne pas comprendre l’autre, la peur d’être poussé devant quelque chose qui nous dérange en nous, la peur d’être déstabilisé et de réaliser des choses que l’on veut éviter (réfléchir, aimer et donc peut être souffrir, changer, découvrir).

Ce que j’aimerais vraiment après la lecture de ce billet est que collectivement on puisse sourire aux inconnus et répondre aux clochards qui nous souhaitent bonne journée, que nous soyons ouverts à se faire surprendre dans nos conclusions et dans nos jugements hâtifs, que notre énergie d’ouverture et de compassion attirent vers nous les rencontres les plus transformatrices et enrichissantes et que nous soyons mieux, plus heureux ensemble. La solitude n’a pas lieu d’être quand nous sommes des milliards d’humains. Surtout en sachant qu’on se rejoint sur des milliers de points. Rappelez-vous bien : Tous les inconnus peuvent devenir partie intégrante de votre cœur et changer votre vie pour le mieux et vous pouvez devenez le facteur de changement positif dans leur vie.

En terminant, je voulais souligner  mon appréciation de votre temps passer à me lire et de laisser ces mots flotter en votre esprit quelques minutes. Ça me touche beaucoup et, malgré les examens qui m’arrachent tout mon temps, je ne peux m’empêcher d’écrire et de partager avec vous les choses qui, je crois bien, valent la peine de partager et qui j’espère arrivent à vous toucher vous aussi, à travers le magma informatique qui nous sépare.

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Voici, en guise de cerise, l’un de mes poèmes sur le déchirement et le poison que peut être la solitude, parfois.  (Ce poème pour moi est une histoire et à vous d’en faire votre propre interprétation). :

Et si l’on était
Dans des cubes de verre très épais
Là, à se fixer la peur
Voudrais-tu me regarder?
Attiser la douleur
De ne jamais se toucher
Ou plongerais-tu tes yeux
Dans la nuit de ton corps
Recroquevillé sur les torts
Qui ont fait du « nous » deux
Deux êtres pourtant forts
Mais qui, sans ce feu
Êtres faibles, pleurant la mort
De jours amoureux
Où la fusion de leurs corps
Chassait tous les bleus
Où la fusion de nos corps
Unifiait le deux

Pour que nos rêves nous entendent.

22 Sep

Les oreilles sont bouchées, mais ce n’est pas à cause de gouttes d’eau chlorées cette fois-ci, comme lorsqu’on passait nos journée à se friper les doigts dans la piscine, non, c’est à cause d’écouteurs. Les écouteurs, quel nom ironique, car ils nous empêchent d’écouter bien des choses. Des choses comme le silence, les bruits d’ambiance, les discussions qui ne font aucun sens en bout découpés, ceux qui parlent un langage étranger et qui s’esclaffent pour on-aimerait-savoir-quoi et, de façon plus importante, notre Conscience. Oui, ultimement, ils nous empêchent de nous entendre soi-même.

D’ailleurs, la mort prématurée de mon iPaude (je l’avais baptisé ainsi, c’est peut être l’eau bénite que j’ai versé dessus qui l’a achevé, l’expression « pomme pourrie » prend tout son sens dans ce cas car il est mort après une vingtaine d’utilisation) est sûrement l’une des meilleures choses qui me soient arrivées, professionnellement parlant. Jamais mon cerveau ne fut assiéger d’autant d’idées nouvelles, inattendues et d’inspiration farfelue et je ne peux m’empêcher de remercier le silence pour avoir ennuyé mon cerveau de fille hyperactive ADD style. Parce que une fois ennuyée, je n’ai que de choix que de penser et d’imaginer. En fait, être confronté à une page blanche est le meilleur exercice qui soit pour développer sa créativité. Lorsque j’étais petite, je n’avais pas de cahiers à colorier et ma mère me donnait des pages blanche neige que je devais remplir des fruits de mon imagination. 20 ans plus tard, dans ce silence doré, il se peut que j’aie pensé à vous, un instant, que j’aie révisé nos dernières interaction en tentant de prédire notre prochaine conversation. Et on imagine la scène 100 fois en pensant pouvoir contrôler quoi que ce soit, et pourtant, chaque micro-détail poussière de vie peut tout changer.

Je vous donne un exemple. En Colombie, Flo et moi on sort pour aller rejoindre Chris. Il va peut être pleuvoir, j’amène mon petit parapluie compacte. Je le laisse dans la chambre à Chris pour ne pas le trainer. Je l’oublie à tout jamais dans ces trucs et il chill désormais en Californie en ce moment.( Pfff… Je m’en fou, tu peux bien t’amuser là-bas Totes, tu es inutile dans ce royaume du soleil et du beau temps, je m’en fou vraiment parce que moi j’adore la pluie, le gris me va à merveille, j’adore claquer des dents pour muscler ma mâchoire, avoir froid jusque dans les os et avoir les ongles bleus sans vernis à ongle super toxique. Donc Totes, amuse toi à Playa Hermosa, c’est F-I-N-I). Oui donc je disais… Ok, je n’ai plus de parapluie et aujourd’hui, diantre, il pleut et mes petits cheveux de bébés se montre le bout du nez. Je me dirige donc vers le La Baie pour te remplacer, Totes! Donc, j’arrive 25 minutes plus tard à ma rencontre (oui, ça été long, parce que je suis une fille et que je dois remettre en question mon premier instinct juste pour me rassurer que c’est le bon. J’ai évalué l’impact psychologique de chaque motif de parapluie et j’ai choisi le motif pied-de-poule, ça fait huppé, english classic tweed et automne). Donc ce petit geste en Colombie a changé le bus que j’allais prendre, le moment auquel je lui serrerais la main, tout. Tout en ce moment redéfini de façon continue le reste de notre vie, chaque geste peut redessiner ce que l’on croyait être notre destinée. Réaliser ce point redonne tout un poid aux petits gestes anodins qui nous exaspèrent. Laissons-les faire leur travail, ils sont à même de nous diriger vers notre destin alors que l’on croit comprendre ce qui se passe.

Tout ce qu’on peut faire, c’est de chuchoter au présent nos rêves les plus fous (sont-ils vraiment fous ou seulement fous pour notre esprit cynique ayant la phobie des hauteurs?) et de projeter le film de la vie qui nous enchante.Vous vous voyez vous envoler sur un voilier vers le bout de la Terre, élevant des abeilles en Abitibi ou en amour avec un bébé à Brossard? Votre réponse est toujours la meilleure car elle est, selon moi, la seule possible. Moi, (ok, je trouve que ça sonne cliché picture-perfect comme réponse mais c’est la seule que j’ai) je me vois en Californie avec une maison indépendante énergétiquement, 3 enfants, mon mari/partner et une moyenne entreprise qui allégera les pas de géant obèse de l’humanité sur notre planète. Oui, je veux être millionnaire et je crois qu’il faut être à l’aise avec cette idée pour en favoriser la concrétisation. Mais, avant même de comprendre le concept de l’argent, je faisais mes plans de maisons luxueuses, magasinait des voitures dignes de James Bond et faisait des petits plans d’affaires. Et, en flirtant avec ces idées et ces images depuis toujours sans qu’elles ne m’intimident, je vois le chemin se matérialiser devant moi sans trop me poser de questions.  Pour l’instant, je n’ai que quelques sous dans ma poche et  j’ai pourtant confiance que mes inclinaisons pour la beauté seront satisfaites (oui, j’aime les belles lignes, les belles matières, les plats bien montés).  Allez valeureux petits sous, faites moi des bébés dollars, avec des huards fiers et dominants sur un lac calme au grand soleil levant.

Ah, l’argent, ne serait-il pas bien si on pouvait en avoir assez pour ne plus y penser? Est-ce possible ou bien une fois les coffres pleins notre coeur se vide de choses plus précieuses? Je n’ai pas peur de la richesse, aucunement. Je crois qu’avec des valeurs bien placées et bien taillées, chaque individu peut user de sa raison pour redéfinir le paysage qui l’entoure selon l’utopie qui charme son l’esprit. En fait, je suis éduquée, consciente de l’environnement, touchée par les problématiques sociales (je donne déjà à quelques causes qui en valent la peine) et donc c’est ma responsabilité de créer de la richesse et de gagnez, à la sueur de ma passion, un x% des richesses disponibles et de m’assurer que ces fonds seront redistribués de façon équitable et bénéfique à notre société. Sinon, quelqu’un d’autre mettra le grapin dessus. Quelqu’un de bien, oui, fort possiblement et j’espère que ce sera VOUS. Mais ça peut être quelqu’un de cynique et d’égoïste, qui habite loin, dans le fond de son nombril sale, ça peut être n’importe qui avec des valeurs croches et dures comme de la roche. Belle excuse que je vous monte là pour justifier que je veule être milionnaire d’ici mes 30 ans, n’est-ce pas? Et bien, on ne parle pas de chiffres ici, mais je pense à l’impact que je pourrai avoir. Je pense aux gens à qui je pourrai offrir un emploi qui ne les fera pas maudire l’arrivée du lundi. Je pense à l’ensemble du « value chain » que je pourrai créer et l’ensemble des défis que je devrai surmonter avec eux, le speech que je vais faire à Noël et qui les rendra émotifs, un petit frisson sur les bras dans l’idéal. Il y a un milion de gestes pour me rendre à ce moment clé de ma vie auquel je pense à tous les jours. Des milliards, de l’infini de moments comme ceux  présentement qui nous sont donnés d’être vécus sur un plateau d’argent. Donc, on peut penser que chaque petit geste anodin a une importance infinie qui redéfinit constamment notre présent ou, à l’opposé, croire en la destinée et se sentir guidé par une ligne déjà tracée. Dans ce cas, peu importe la direction de votre pas, les évènements qui surviendront devaient arriver et rien n’aurait changer ce cours, pas aucune décision peu importe combien de fois vous tenter de conceptualiser vos dillemmes. À quelques moments, sur le chemin, vous regarderez en arrière et le mystère ne sera plus, les choses seront claires. Il est toujours assez amusant de remonter la chaîne des évènements et de réaliser le pourquoi des choses et de sourire en pensant à ce qui fut, un jour, si déplaisant, à en pleurer sa vie et en se gavant de biscuits. LE COQ

L’ÂNE: Finalement, pensons qu’aujourd’hui, hier et demain, des enfants, des nouveaux nés vont mourir, des millions de gens vont mourir de soif et de faim (Les médias sociaux se substituent à la messe ma foi). Elle était bonne cette longue douche chaude ce matin et ce déjeuner qui ne ne nous tentait pas, on avait même pas faim. Chacun des gestes que l’on pose et chacune des chances qui vient à nous en nous tendant timidement la main doit être embrasser de notre lumière, celle qui guide notre chemin, notre chemin qui en croisera des milliers, peut être des millions d’autres. Et c’est ce que nous devons à notre chemin si bien tracé que, dans le silence quelques fois, nous pensions à notre condition et à celle des autres en mettant toute notre énergie et nos forces à penser aux idées qui pourront faire un petit peu de bien à ceux qui ont mal. C’est notre responsabilité, nous, ici à vivre dans les meilleures conditions au monde, en étant riches déjà, jeunes et bouillonnants de vitalité. Et pourquoi pas se dire que chacun des petits gestes posés prochainement nous rapprocheront d’un avenir aussi brillant que nos yeux devant notre gâteau de fête à 16 ans alors que tout était vraiment encore possible? Parce que depuis, rien n’a changé.

Alors berçont nos rêves, quelques fois, dans le silence, pour qu’ils nous entendent, nous et notre conscience.

The French Canadian Kittens in Colombia

30 Août

Et bien, cela fait maintenant un bon moment que je n ai pas ecrit sur mon blog, ayant tant de choses a dire que je ne sais toujours pas par ou commencer. Un peu comme lorsque vous entrez dans une bibliotheque et que vous realisez que jamais vous ne pourrez decouvrir tous ces livres. Et bien jamais ne ne pourrai vous exprimez reellement tout ce que l on a vecu.  Je suis presentement dans un luxueux condo de Bogota, chez l oncle a Florence, famille qui m a accueillie avec une generosite et une ouverture qui me touche beaucoup. Son cousin m amenera a l aeroport, dans quelques heures. Dois je dire d emblee que la chaleur humaine des gens ici est certainement ce qui m aura marquee le plus, je me rappelle amerement de l indifference que les nords americains avons nous trop souvent envers les inconnus. A travers les histoires que je vous reciterai vous pourrez avoir un sens de leur intelligence emotionnelle.

La danse

Je croyais aimer danser, maintenant je sais que j adore danser et que c est certainement l une des passions que j entretiens qui me rend debordante de bonheur, un sentiment qui remplace certainement plusieurs drogues et quantites dalcool… Le soir venu, en allant au Mirador ou au Sensation (les 2 clubs hot de Taganga), le plancher de danse etait souvent libre a notre arrivee. Une scene ne demandant que de se faire enflammer. Oh que je me suis amusee, les pieds nus, sans maquillage, habillee avec ce qui me restait de propre en allant se rincer dans la mer lorsque la soiree s achevait. Vous vous doutez que les sud americains sont egalement d excellents partenaires de danse et quoique j ai encore un peu de resistance a me faire mener totalement, on y prend gout assez rapidement. Un moment tournant pour moi a certainement ete lorsque Flo et moi deambullions dans Cartagena a la recherche d un dessert et que nous avons croise une performance de danse africaine. Leur passion et leur energie m ont renversees et un grand frisson assiega mon corp en entier, tellement que des larmes se mirent a couler sur mes joues. C est vraiment la que j ai compris qu a mon retour, je devais me donner a la danse d une maniere ou d une autre. N ayant pas une passion pour les affaires, c est definitif que j aurais ete danseuse. Mais peut etre que je le suis un peu, enfin les gens de Taganga le pensait, j etais la « ballerina de Canada », un titre que je cherirai.

Le danger, reel ou pas

La maison du pere a Florence est situee au fin fond de la calle 9, grugee par la pluie, remplie de dechets, bordees de logis sans fenetres mais remplis d enfants et de gens qui vous sourient et vous saluent sans vous connaitre. Bref, sur le flanc de la montagne, cette maison jaune ble nous en a fait vivre de toutes les couleurs. Evidemment, pas d eau chaude, quelques fois pas d electricite, des chiens malades, des conditions d hygiene auxquelles nous n etions certainement pas habituees et qui furent particulierement difficiles lorsque nous fumes malades. C etait donc une aventure de revenir a cet endroit a chaque soir, dans le noir, ayant l impression de traverser des tranchees d un lieu de bataille. Mais comme je vous disais, cet inconfort fait definitivement partie du « trip » de ce voyage, nos sens etant destabilises et le simili danger ajoutant au sens d aventure. Une soiree en particulier avons nous ete mises a l epreuve par contre… On marchait tout bonnement, et Flo remarqua que deux hommes semblaient nous suivre. Plus on s enfoncait sur le chemin, plus ce doute ce confirmait. On arrete, ils font de meme. Flo decide qu il faut retourner sur la rue principale. On rebrousse chemin, les nerfs a vif. Serieusement, dans le contexte, ils peuvent faire ce qu ils veulent de nous. Ils se retournent aussi et se retirent sur le bord d une maison et nous regardent passer et retourner vers le peu de civilisation qui reste eveillee. Pour retourner, on s est trouve un taxi, on s est perdues en route, il a voulu rebrousser chemin a cause du pietre etat des chemin, on s est finalement rendues, soulagees, intactes dans le lit. On regardait a travers le grillage Taganga qui jamais ne dort, avec de la musique house et latino jouant a tue-tete en permanence. Taganga est tout un personnage.

Devenir local, version express

Apres cette mesaventure, Alejandro a donc decide de nous presenter a tout le monde pour leurs faire savoir que nous n etions pas de proies de choix. Tout le monde connait Alejandro et donc en quelques rencontres, apres 3 jours passes a Taganga, nous connaissions desormais pleins de monde. Si bien qu en se promenant dans la rue on avait vraiment l impression d etre des locals. Nos amis d outre-mer s etonnaient de voir que l on saluait en espagnol des gens du coin. L un d entre eux, notre prefere surnomme Chaud Lapin, ou Juan Pablo ahah, etait vraiment adorable. Danser avec lui a ete assez agreable merci et ce colombien charmeur comme 100 a decide qu il voulait apprendre a me connaitre plus. Mais bon, je ne parle pas espagnol, il parle quelques mots anglais et j ai trouve ca tres cute lorsqu il ma dit qu on se parlerait avec nos yeux, chose qui ne me derangeait pas trop considerant ses yeux bleus verts qui disaient tant. Flo m a explique que pour un Colombien, j etais desormais sa blonde! Sans blague, lorsqu il me parlait, c etait tellement caricature que c etait dur pour moi de ne pas rire. Du genre: I want to spend more time with you, I like you a lot… Alors que la seule chose qui sait de moi c est bien mon nom: Olivia. En voyage je m appelle Olivia, Aude etant beaucoup trop francais comme carte de visite.  Les Colombiens sont expressifs, intenses et romantiques d une facon a laquelle je ne suis pas habituee. Enfin, aucun de ces flirts n auraient pu aller plus loin, ma sante etant beaucoup plus importante qu une romance passagere avec des hommes qui collectionnent les femmes!  On se comprends? lol…  Je n ai meme pas eu la chance de lui dire bye ou de prendre une photo de lui, dommage!

Le fond du baril

Le lendemain suivant une soiree noyee dans l excellent rhum de Medejin, je me suis reveillee avec des crampes infernales. Je me suis dit que c etait une lecon pour les exces, un classique lendemain de veille. I wish!!  J entamais alors une tourista extreme qui allait me vider (desolee cest degueux je sais) de mon energie, me poussant dans le fond du baril. Pour ajouter au plaisir, un orage des plus violents s abattu sur Taganga (en fait, il pleuvait a chaque soir avec des eclairs et du tonnerre comme je n ai jamais vu!). N ayant pas de fenetres, la chambre accueillit un pouce d eau partout sur le plancher. Ok, essayez d imaginer. Vous etes malade, vraiment, sans energie, la toilette est rebutante (pas de plafond donc y a de la bouette et des dechets vegetals partout), tout est humide, chaud collant, la pluie vous revolle dessus et envahie toute la piece. Le morale etait mis au defi comme jamais. But what could I do?  Not much.  Alors nous decidames de se refugier au Casa Blanca, un hostel 3 metres de la mer, litteralement. Pour 25 000 pesos la nuit (14$ environ), on avait une chambre propre, un balcon avec une super vue et un hammac pour hair les gens en sante s amusant a la plage. Mon cas ne s est pas ameliore, hemorragies internes, sueurs froides, si bien qu apres chaque seance de torture, je croulais sous la douche froide (douche chaude n etant pas une option) pour ne pas m evanouir. Le 4ieme jour, l ambulance est venue a l hotel pour me brancher sur intraveineuse me refillant des medicaments assez puissants merci. Oh, lorsqu il ma rentre l aiguille de fou dans le poignet, my god, je mennuyais de ma mere!  Pas d alcool pour 7 jours, sous menace d halluciner. La premiere nuit sous medicamentation fut assez hum…. Interessante! En ecoutant la musique de Taganga (qui narrete jamais), je me levai pour me rendre au hamac. Dans un semi sommeil perturbe, chaque chanson me faisait buzzer, j imaginais tout le video clip. L un dont je me rappelle: Une armee d hommes sort de l eau, bien cordes, leur penis etant transforme en trompe d elephant et la tete d elephant apparaissant progressivement, le tout dans une danse mecanique du style arme. Lady Gaga serait fiere de moi!  Ou bien les danses en ligne de personnes agees habilles de fourrure blanche, ce fut tres creatif comme nuit! Dans les jours suivants, mon etat s ameliora. 2 jours plus tard, mon appetit etait vraiment de retour au rendez-vous et bien rapidement j aurais bien mange un elephant (lol, j ai une fixation pour les elephants faut croire)!  J etais rendue tellement petite, mon ventre ne faisant meme plus de plis assise, mes cuisses n arrivant plus a se toucher, c est un beau probleme que de devoir engraisser! J apprecie tellement ma sante en ce moment, je dis a mon corps combien je l aime environ 10 fois par jour, aww… Oui, Obelix, thats right, quand l appetit va tout va!

Cartagena

Alors que j allais un peu mieux, on se dit qu il fallait bouger, les jours fillaient. On alla rejoindre Tom (ingenieur de Londres qui voyage pour un an) et Adam (dj australien de Perth en cavale pour quelques mois, tellement drole et sympathique!) au Kool Koala pour prendre la route vers Cartagena en bus. On me trainant vers le depanneur pour acheter une bouteille d eau (je navais pas encore recommencer a manger a ce point) mon nez se mit a saigner. La, j etais au bout du rouleau. Je revins a leur hostel, on me renversa la tete dans la douche, c est la que j eclata en sanglots, c etait trop. Je devais avoir l air de la pire junkie, amaigrie, le nez qui saigne, etourdie au soleil. Malgre tout, en pyjama, quelques vetements dans un sac, on prit la route vers Cartagena. A Santa Marta, Chris Morales (un jeune homme direct, fute et assez marant de Los Angeles) croisa notre chemin. On allait passer le reste de notre temps avec lui. Arrivees a Cartagena, on choisit le Media Luna comme hostel, lequel fut un choix ideal. Cette meme soiree j ai mange mon premier repas en 4 jours, LE BONHEUR total. Cartagena est magnifique, colonisee par les Espagnols je ne sais trop quand, l architecture de la vieille ville est vraiment quelque chose a voir. Bon alors oui alcool (not for me!), fete, sorties, danse, you know the drill. Le lendemain nous primes un bateau pour se rendre a El Rosario pour y admirer l eau turquoise. Quel lieu enchanteur! Enfin je pouvais faire du snorkling et voir des creatures qui vous font dire qu on a pas invente la beaute, mais que tout est dans la nature pour nous a admirer. Des couleurs si folles! Ensuite, massage sur la plage Playa Blanca, sur un sable blanc pur… Quel bel apres midi ce fut, je revenais a moi meme, le genre de moment qui vous fait vraiment oublier que le travail et les responsabilites sont des concepts reels.

Tayrona Park

De retour a Taganga (qui malgre tout felt like home when we came back), on prepara alors notre aventure vers Tayrona, une destination inevitable selon les dires de tous. Et en effet, quel lieu incroyable! Arrivees au parc, une belle marche dans la jungle de plus de 2 heures nous attendait, dans la bouette, les chemins accidentes creuses dans la roche, des araignes immenses, des singes qui nous guettent, des papillions bleus electriques qui vous chatouillent le regard, une vegetation des plus vives et des plages… Des plages « raw », avec des rochers ronds, immenses, irrels, sculptes par la force de la nature, des paysages digne de Jurassic Park!  Ok juste pour vous donnez une idee, on marche sur la plage et on doit se rendre a une autre plage. On marche et un ruisseau creuse dans le sable se dresse devant nous. Leger probleme: Un crocodile se leve la tete alors qu on sappretait a traverser!!! Oh my god ahah, on a trouve ca bien marrant! Puis, arrives dans un petit lieu avec de la vie humaine, nous allions passes la nuit dans des hamacs, une experience que mon dos se souviendra pour longtemps. Je ne sais juste pas comment me placer pour dormir une pleine nuit dans un cocon pareil! Je vis le soleil se lever, comme a tous les jours, en alla voir les vagues, m etirer, respirer, absorber l energie de ce lieu mythique que certains decrivent comme le coeur du monde. Pour retourner a l entree, nous avons pris des chevaux, et cette ride fut a couper le souffle! On pouvait lever les yeux du sol bouetteux et admirer un decor qui vous faisait croire qu on vous a place dans un decor de film, avec les lianes, les arbres qui s etirent vers le ciel… Les photos ne rendent aucunement justice a ce que l on a vu.

Quitter Taganga

Pour la premiere fois dans ma vie aie-je senti des larmes monter lorsque notre taxi arriva pour quitter Taganga. Ce village m a mis a l epreuve, mais m a donne les plus beaux moments de ma vie. J ai appris plusieurs lecons d humanite et d ouverture aux gens. Alors que j etais malade et zombie, tous les gens voulaient m aider et me supporter. J allais manquer nos escapades a notre plage secrete, en passant par les montagnes, en suant notre vie, a se faire bronzer, a se rafraichir dans l eau salee. J allais manquer les jus frais de maracuya, les arepas le matin avec les oeufs, manger des gateaux au Cafe Bonsai, un repas incroyable pour 1.50$ dans la rue de l eglise, la chaleur des gens plus que la chaleur du soleil. Arrivees a l aeroport, notre vol fut decale pour nous faire attendre plus de 7 heures. Mais avec une telle partenaire de voyage…

Flo, aka Julie aux Cheveux Longs

Pour vous mettre dans le contexte, j etais dans la piece quelques temps apres la naissance de Florence. Nos parents sont amis depuis aussi longtemps que je me rappelle et nous avons grandi ensemble. Membre du Club des Aigles Sauvages, collegue pour notre groupe d acrobates les Gomettes, mon actrice preferee pour les pieces de theatre que j ecrivais, Flo est une jeune femme incroyable que j aime beaucoup et qui ira tres loin. She is a keeper lol… Elle a ete une partenaire de voyage ideale, on s est supportees, on a rit (on a le meme humour bizzare et sarcastique que peu de gens comprennent, on part dans des fictions qui ne font aucun sens du genre se mettre a faire du travail de bureau tres serieusement alors qu on baigne dans la mer en imitant le fax en tappant sur l eau. Enfin, c est tres drole si vous avez le meme genre d humour lol) et si bien que nos cerveaux se connecterent ensemble. On pensait aux memes choses en meme temps, ca faisait peur par moment! Et des choses assez random merci… Bref, ce voyage nous a fait partage des aventures que nous pourrons se rememorer toute notre vie, c est genial.

En somme…

Bon, je dois vraiment aller me preparer pour un 36 heures de ballet dans les aeroports et un 7 heures de bus vers Montreal… Oui, alors, ce que je retiens et ce qui m a tatoue le coeur a jamais est definitivement la culture colombienne, une culture humainement tres riche, dans laquelle le concept d etre un inconnu s evanoui assez rapidement. Dans un avion vers Bogota, c est a croire que tout le monde se connait. Il n y a pas cette reticence omnipresente a engager une conversation ou a aider les gens, il n y a pas cette peur de l inconnu. J entreprends le chemin du retour avec un brin de nostalgie de quitter un si beau pays, qui est tout sauf le berceau du danger et de la cocaine (reputation qui frustrent les Colombiens et qui doit changer), et qui aura marquer a jamais ma facon d aimer les gens, meme ceux que je ne connais pas, car tout ce qu on veut c est d etre heureux et de partager des experiences folles ensemble. Lets do it.

Love, from Colombia

Journal de voyage

14 Août

12 août 2010

Premièrement, relater ma nuit à Boston qui fut géniale. Mon host Ryan m’a permis de voir des coins de Boston et un visage que je ne connaissais pas. Une architecture travaillée, des briques à n’en plus finir, des restaurants délicieux, des lieux historiques contrastant avec des tours à immeubles hyper modernes, des pubs irlandais sympas…Pas une seule seconde je me suis sentie en danger, j’ai dormi chez lui gratuitement plutôt que de payer une chambre 32890 $ dollars (Boston n’étant pas une ville de hippies) alors bref je vous recommande chaudement un profil sur couchsurfing.com, vous serez gagnants en tous points. Faites confiance aux gens et respectez-les, ils répondront à cette confiance et à votre ouverture. Un point a ressorti de nos conversations (il a étudié en business alors vous comprendez qu’on avait pleins de trucs à se dire!) : Le système d’éducation americain vous endette tellement que, une fois gradué, vous devez absolument travailler comme un chien à faire des heures de fou et à servir cette économie sans pitié. Pas de temps pour voyager à travers le monde pour lui qui a 80 000$ de dettes. Il doit donner sa vie à son employeur, leur plan a marché.

Voila maintenant 2 jours que je suis arrivée en Colombie. Durant le vol floride/bogota, j’ai eu la chance d’être assise à côté d’une colombienne, laquelle se donna comme mission de bien me préparer à mon arrivée. Sur les pages de mon journal intime, nous avons pratiqué toutes les phrases susceptibles d’améliorer la qualite de mon experience. Il semble tristement qu’aucune de ses phrases ne m’aient aidée jusqu’à présent, ah ah, et je désire désormais apprendre l’espagnol, une langue dont la sonorité est renversante, si belle, si sensuelle à l’oreille. Nous avons échangé nos coordonnées, arrivées a l’aéroport, elle s’assura que j’étais bien en sécurité avant de partir. J’attendis Alejandro, le père de Florence, qui venait me chercher. 1 heure plus tard, il arrive en trombe, il s’était blessé, il saigne sur le bras, rien de grave, mais l’aventure commence. Cette journée-là,  je l’ai suivi à gauche et à droite dans la ville, faisant multiples appels.. Enfin, ce n’est pas Cuba! 🙂  Je ne sais pas si je suis naïve ou inconsciente, mais malgré tous les dangers que j’ai croisés hier et aujourd’hui, ça me rend ivre de joie. Pourquoi ? Je me le demande. C’est enivrant de marcher seule (aujourd’hui je voulais explorer par moi-même) avec des militaires à tous les coins de rues, hier soir de se rendre dans des ruelles avec des hommes tenant un chien que je ne flatterais pas même si on me payait (ceux qui savent comment j’adore les chiens comprendront que le chien à l’air d’une machine à détruire et non d’un gentil pitou). Dès le trajet de taxi en auto tamponneuse, j’ai compris qu’on était dans un autre monde. Il se passe quelque chose en Colombie en tout les cas. De mes yeux nouveaux je perçois, enfin, de façon très floue et superficielle pour le peu que j’en sais, mais je vois les racines d’une guerre se dessiner. J’ai demandé à Ale pourquoi y avait-il autant de militaires, lui demandant si c’était dans le but de nous protéger. Et bien non, me dit-il, ce sont des militaires finances par les corporations américaines afin de les protéger d’une éventuelle attaque de la Guérilla, qui est très puissante en Colombie, une armée de gauche ayant des liens communs avec Che Guevara et enfin avec tout ce mouvement socialiste anti-esclavage aux américains que vous connaissez sûrement. Et c’est dur parce que d’une part, on voit que ce n’est pas facile pour les gens ici de vivre et de faire de l’argent. On vient à se demander s’il n’y a pas quelque chose de notre système qui soit bénéfique parce qu’il me semble que notre vie soit beaucoup plus smooth mais je ne veux pas porter de jugement si hâtif. Mais pour moi, c’est dégoûtant de savoir que Comcel est américaine, de voir des Dunkin Donuts, de savoir que les américains prennent le pétrole colombien, le raffine et le revende à un prix de fou. La tentation américaine servira une minorité seulement de Colombiens et pour les autres, ils verront l’argent sortir du pays plutôt que d’y rester.

14 aout 2010 7h50am

(reprenons où j’en étais) Tout le monde est très gentils ici, c’est comme si personne n’est un inconnu, beaucoup plus chaleureux et unifié que l’Amérique du Nord et pas seulement à cause de la température. Je me suis donc introduite dans les rues commerçantes de ce quartier plein de vie. Tous y travaillent si fort pour faire quelques pesos. Le plus drôle était sûrement un homme avec une balance chargeant 200 pesos pour découvrir son poids. Enfin, y faire sa vie ne semble pas facile. La nourriture est délicieuse! Quoique sur la rue on peut goûter à des trucs très étranges, les restaurants comblent mes papilles gustatives. J’ai mangé une soupe de crème avec du poulet, du maïs, avec à côté un avocat, du riz et un vin local.  C’était fabuleux comme repas. La nourriture est très grasse ici, beaucoup de friture et pourtant, on ne prend pas de poids, on fond le gras…

Ale et moi sommes embarqués dans un mini bus aller chercher Florence (La STM c est definitivement le grand luxe!!!). Débarque au mauvais stop, marche dans l’herbe longue dans la pluie dans le noir, on fini par prendre un taxi, on arrive là-bas, Flo sort de l’aéroport 2 heures plus tard que prévu, ce fut comment dire… éreintant!

Revenus à notre base-camp, on est allés boire de la chicha dans le bar d’à côté. On a fini en arrière du bar et j’ai pu faire jouer la tune qui m’euphorise :  Kid Cudi « The Pursuit of Happiness. C’était comme si on connaissait tout le monde déjà, c’est ce qui accroche le plus je crois de ce beau pays.

Durant la nuit,  Flo me réveille et me demande si je les ai vus… Vu quoi, je demande : « Mes boarding-pass » me répond-t-elle, elle me demande s’ils sont drôles, bref, une conversation avec une pro-somnanbule comme Flo c’est toujours tres cohérent. Mais rien à voir avec ce qu’elle disait à 7 ans, ayaya!

Le lendemain, on a encore débarqué au mauvais aéroport pour notre vol national (il fallait aller à l’aéroport international pour notre vol national !?)  On demande l’information à des policiers. Ils nous proposent ensuite d’embarquer dans le camion de police et nous y conduisent avec une moto qui nous suit en arrière. Assez coquasse de débarquer du truck de police lol..

Le vol a bien été, en retard évidemment. À notre arrivée dans le mini aéroport sans mur, donnant sur la mer, nous réalisâmes après 1h30 d’attente que Gustavo, le gars chez qui nous restons, n’y était pas. Nous prîmes un taxi jusqu’à Taganga, avec quelques arrêts en route tant la vue était géniale. Pour 25 km dans les montagnes ça nous coûté 18$, ce qui est très bon.

Ok, une fois arrivées pour vrai à Taganga, une fois qu’on a exploré, on a vraiment eu un choc. Quote of the day: » C’est pas l’Uganda mais…  » Il y a beaucoup de pauvreté quand on s’enfonce dans le village plus loin que la mer, des chiens errants partout, des jeunes qui jouent au soccer avec un ballon des années ’60, un classique j’imagine… Les rues sont plutôt des chemins de guerre. C’est vraiment un autre monde. La maison dans laquelle on reste est sûrement l’une des plus belles. J’ai rarement vu une maison aussi artistique, il y a des peintures, des sculptures partout, un bar, des divans en bamboo, enfin, c’est dur à expliquer, même les photos ne rendront pas justice à ce lieu. Quoique notre lit soit douteux (c’est le royaume du party ici…), qu’il n’y ait pas d’eau chaude, pas de serviette (Flo et moi avons une serviette à main pour se sécher), pas de couvertures (je gelais cette nuit, c’est pourquoi je me suis levée si tôt, ah et aussi les coqs, la musique dans le tapis et les gars qui font de la construction à 2 mètres de nos oreilles)… Donc quand je disais hôtel pour les jours précédant, c’était hostel en faite, et bref, c’est vraiment cool de se sortir de sa zone de confort et de vivre la Colombie comme ce doit être.

Alors qu’on mourrait de faim, on a été s’échoir au restaurant du coin. Une fois assises, la 2ieme chose qui frappe, c’est le nombre de beaux mecs oh my god! La moyenne d’âge ici est sûrement de 25 ans, c’était agréablement surprenant ah ah… Mais, afin de rassurer quelques personnes, Flo et moi parlions et elle disait que si elle pouvait (oh what what les si n’aiment pas les « rait » je l’ai eu!) voir Vince déambulé sur ce chemin, ce serait le plus beau spectacle, donc ta belle pense beaucoup à toi à travers les défilés de coq, c’est beau à entendre 🙂 .

Notre béa de la journée: J’ai acheté du manger à chien pour le chiot qu’on a adopté momentanément, Gloriosioso, et puis il a à peine mangé. Alors avec le reste du sac, on a nourri environ 10 autres chiens abandonnés. C’était vraiment cool sérieusement. Y’a d’autres gens qui veulent faire pareil maintenant, ah ah, le mouvement Sauvetage Toutou a commencé. Les chiens font tellement pitié ici.

On travaille beaucoup notre espagnol, Flo s’en vient super bonne, il faut dire que son sang colombien doit aider, ces sonorités étaient encrées dans son subconscient je crois. Moi je comprends de mieux en mieux, je connais quelques phrases, ça s’améliore vite en tout cas!  À notre retour, je crois pouvoir tenir une conversation simple en espagnol. C’est l’objectif. Mon plus gros défaut c’est de vouloir savoir parfaitement avant de m’y tenter, il faut surtout oublier son ego pour bien apprendre une nouvelle langue!

Les hommes (colombiens) ici vous cruse sans arrêts. C’est assez incroyable, ils font un bruit de bec assez dérangeant en vous disant des choses hum… lol, vous comprenez. Mais je trouve que c’est drôle plus qu’autre chose, ça ne m’insulte pas, ça fait partie de la culture et des dynamiques hommes-femmes ici. Ils ne pensent pas vraiment ce qu ils disent, c’est une belle comédie. J’ai, en faite, développé une technique pour contrer leur harcèlement. Au lieu de les ignorer, ce qu’ils veulent dans le fond, la conquête, la haine frôlant le désir, je les regarde dans les yeux et je joue avec eux, c’est assez drôle à faire et ça marche très bien, je joue la fille éperdument charmée et ça contre bloque leur tactique.. Lol, en tout cas, maman ne t’inquiète pas, ils sont inoffensifs.

Le soir nous sommes allées prendre quelques verres de vin douteux dans une auberge avec des australiens (2 filles, 1 gars, la prophétie n’est pas encore accomplie) qui font le tour du monde. Notre trois semaines est une blague à côté de ce que d’autres voyagent… Nous sommes ensuite allées au Sensation, un club en haut du surf shop, vraiment un super beau club, la musique était excellente, enivrante et j’y aie certainement vécu un des plus beaux moments de ma vie. J’ai rarement dansé autant, et dieu sait que je me suis faite allée dans ma vie et wow, c’était juste tellement….Libre comme ambiance. Et là, tu te retournes et tu vois la brunante qui découpe les montagnes caressant la mer des Caraibes… C’était juste parfait comme moment. On était exténuées par la suite, cinq minutes de marche et on était de retour dans notre casa.

Alors voilà ces premiers jours de voyage en mots. Flo dort encore, je devrais sûrement récupérer moi aussi. Nous allons à Playa Grande avec nos nouveaux amis aujourd’hui. Et sûrement faire le party encore ce soir. C’est pratiquement le meilleur des deux mondes Taganga. Un village déconnecté, hippie le jour et super festif le soir venu. On ne se cachera pas que plusieurs viennent ici juste pour ça… L’alternance plage-party est définitivement une formule que je vous recommande (évidemment), le décor ne faisant qu’ajouter à la magie de l’expérience.

Asta prunto!

Pre-Colombia

8 Août

Je devais partir en Ouganda. C’était le plan, 3 mois et demi. Mon emploi, l’école, tout était placé dans une petite boîte dans ma tête pour que je puisse les rouvrir à mon retour. Puis, des évènements inattendus éclatèrent aux nouvelles, 76 personnes mortes dans des attentas à la bombe dans une ville où je devais aller, dans un café lors de la finale du Mondial de Soccer, bref, des circonstances qui auraient pu marquer mon chemin. Lorsqu’à travers les articles j’ai lu des phrases telles que « Ce n’est que le début », je me suis dit qu’il serait probablement plus sage de décaler mes rêves d’aller explorer l’Afrique lorsque le calcul du risque pencherait en ma faveur.

Je suis donc sur Facebook (vous êtes surpris je sais) à clavarder avec Florence et à lui exprimer ma désolation à l’idée de ne pas partir. Elle me dit alors « Bien, viens avec moi en Colombie », et c’est tout ce qu’il me fallait pour procéder à l’achats des billets. Ah, ces billets! Voici le calcul: 260$ avant taxes Bogota-Colombie (CheapOair.com), avec taxes et frais magiques : 376$ , + 180 $ de bus pour Boston + 200$ pour me rendre à Santa Marta = 756$. C’est donc un prix normal pour ce que je croyais être au début l’aubaine du siècle du style « impossible que je dise non ».

Mais « impossible que je dise non » quand même, l’argent n’étant pas l’un de mes soucis premiers à 23 ans alors que je n’ai pas de vraies responsabilités et que mon corps est « on ne peut plus apte à voyager ». Sans compter mon statut tout brillant tout neuf de célibataire et le fait que j’adore Florence et que je la connaisse depuis sa naissance, eum, non c’est clair que ce voyage tombait à point.

Mardi matin, je partirai donc avec Greyhound faire environ 8 heures de bus (ridiculement long il me semble à un prix tout aussi surprenant). Mon ami (et futur grand philosophe) Renaud m’a équipé de lectures incontournables, Le Horla de Maupassant et Sherlock Holmes. N’ayant jamais complété la lecture d’un bouquin, j’entreprends comme défi de commencer et de finir ces livres. J’appréhende déjà ma perte d’attention après 6 pages de lecture, les yeux balayant les alentours, avec ma main qui tatera l’épaisseur du livre en se disant qu’il y a pleins d’histoires qui se déroulent dans le monde physique autour de moi. Certes, je comprends que la lecture permette de voyager et de développer son imaginaire. À vous faire lire ces mots, je serais bien mal placée de dire que la lecture c’est plate ahah!

Je veux ici faire une parenthèse d’un extrait des conversations que j’ai eu justement avec lui. On parlait de ne pas avoir des regrets dans la vie et que, à bien disséquer le sens de cette phrase que tant de gens répètent, on en est venus à la conclusion que ça peut être très dangereux. En effet, de n’avoir aucun regret pour aucune de ses actions revient à dire, avec arrogance, que nous ne faisons pas d’erreurs et que nous n’apprenons pas de celles-ci, que tout ce que l’on fait est une expérience comme une autre. Oui, il y a des choses que je regrette parce que oui je reconnais que j’ai fait des erreurs. Je regrette, mais n’en reste pas moins que j’ai appris parce que justement je regrette. Il faut valoriser ce processus d’apprentissage, celui de faire des erreurs, car il est sain et naturel, tout le monde fait des erreurs et grâce au regret, on corrige le tir avec la maturité. Si je me foutais de tout, les cheveux dans le vent sur ma moto  une main dans les airs une bouteille dans l’autre, et bien je ne serais pas poussée à reconsidérer mes comportements répréhensibles de jeune fille début vingtaine.

Je suis immensément excitée à l’idée de partir et de faire le voyagement seule, d’avoir organisé mon itinéraire… Je trouve que les phases de célibat sont extrêmement enrichissantes dans la mesure où l’on doit faire les choses par nous-mêmes et parce que nous sommes ouverts à rencontrer beaucoup plus de nouvelles personnes. Ces personnes ont chacun une histoire et une leçon à nous donner, leçon que jamais je n’aurais eu à me pencher la tête sur l’épaule de mon compagnon. Je trouve que c’est en fait essentiel de parler à des inconnus parce que chaque personne que j’aime et que je connais personnellement aujourd’hui fut un jour ou l’autre un(e) pur(e) inconnu(e). Qu’est-ce que j’ai à perdre? Rien! Okay peut être sauf ma liberté si je me fais kidnapper, ahah… Non sans blagues, j’adore les rencontre inusitées.

Hum… à bien y penser, on m’a sérieusement avertie de ne pas parler à des inconnus en Colombie, certaines villes pouvant être dangereuses pour des filles bâties et imposantes comme moi. En fait, tous les conseils qu’on m’a donnés s’avèrent être des choses que j’aurais vraiment fait. Du genre:

  • Ne jamais prendre un taxi aléatoirement dans la rue
  • Ne jamais accepter de garder un enfant quelques minutes parce que la mère pourrait s’enfuir et je me retrouverais avec un enfant
  • Ne jamais aider, donner quoi que ce soit à un mendiant
  • Ne pas porter de boucles d’oreilles, on pourrait me les arracher des oreilles…

Mais fort heureusement, nous nous évaderons loin de la grande ville pour la majeure partie du voyage, à Santa Marta. La soeur de Florence, Mali, y était justement il y a quelques semaines. Dans cette région, les dynamiques sociales seront certainement différentes. Il semble que proche de la mer, tous y soient plus heureux, plus sereins, l’eau étant gage de notre survie, l’eau étant apaisante à l’esprit humain. La simple délimitation des votes démocrates/républicains aux États-Unis souligne bien ce phénomène qui sépare les mentalités des terres intérieures et des côtes. Oui, sur le bord de la mer, moi aussi je suis démocrate, pour le peuple et les gens du monde, exténuée d’aventures au soleil, oui, je suis beaucoup plus peace and love que dans le cahos urbain de villes où flotte la peur du voisin.

Nos mantrendemos en contacto!

How I met your father

31 Juil

Mon horloge biologique fait des méchants tics et des tacs en moi quelques fois. Des rêves que je tiens mon fils collé contre mon épaule, tout chaud, dodu, l’amour total. Écoutez, à mon âge, si ce n’était pas de notre culture moderne de performance et de carrière, j’aurais déjà 4 bambins. Je ne suis pas désaxée, c’est peut être moi qui est normale. Dans les 10 000 ans d’histoire passée, une femme avait un enfant lorsqu’elle le pouvait (c’est avant 35 ans ça). On pense que de travailler dans une banque c’est plus important que de fonder une famille, eum, non je ne trouve pas. C’est quoi avoir assez d’argent? Les bébés n’ont pas conscience de la marque de voiture que l’on conduit ou des vêtements qu’ils enfilent à 2 mois. Bon, assez parler de bébés, je vais vous faire peur, je le sens.

Ça me tente de faire de la fiction maintenant. J’ai une curiosité grandissante pour la rencontre de cet homme que j’aimerai de tout mon cœur et avec qui nous fonderons une famille et/ou un empire. Lol. Il est à quelque part en ce moment, peut être avec une autre fille,  dans un lit, au bureau, il pense, il aimerait peut être faire une sieste, comme moi. Il est peut être sorti hier, il trouvait la fille assez ennuyeuse mais il lui fit la conversation, par compassion. Je me demande dans quel pays il se trouve, quel est son plus grand rêve… Nos chemins se traceront et se croiseront à un point X, le point ultime, sur la carte de nos destinées. Je suis tellement romantique…

Je vais donc vous racontez l’histoire de comment j’ai rencontré votre père. Avec cet exercice de visualisation, je me dis que ça serait juste foudébilemental que ce déroulement se concrétise sous mes yeux. Mais si non, j’aurai pu fantasmer un peu.

Here we go..:

Ma grosse valise me glissait d’entre ma main, l’air chaud et lourd de Los Angeles m’avait frappé au visage comme si il était matière. Je revoyais la neige fraîche craquant sous mes pas, dans les champs plats qui s’éternisent du Québec, j’aurais aimé y être, le temps d’un instant. Combien de temps allais-je rester dans le royaume des opportunités et de l’extrême? Je ne savais pas. Mais ce projet d’affaires que j’entamais était assez prometteur pour que je traverse cette phase d’adaptation. Après tout, j’étais tombée en amour avec la Californie. Maintenant que la relation devenait sérieuse, il était naturel de me remettre en question, comme toute femme qui aime se compliquer la vie un jour ou l’autre.

Un chauffeur m’attendait, ça commençait bien. Quelle surprise, il su prononcer mon nom sans qu’il ne sonne comme « bizarre = odd », non, c’est Aude mon nom. Maude sans le « m ». La route fut courte jusqu’à Santa Monica pour s’arrête au 518 , 21st Street  qui serait mon premier chez-moi pour cette aventure. Un quartier très calme, les toits rouges comme je les aime,  proche de tout, j’allais bien m’y plaire.

Quelques unes de mes boîtes étaient déjà arrivées, la plupart des meubles n’étaient pas les miens. J’avais l’impression d’entrer chez un inconnu en voyage et de subtiliser sa demeure. Mais quel bonheur, finalement, j’y était, dans la chaleur, des palmiers dans la cours, la mer à quelques minutes de chez moi.

Maintenant que l’excitation était retombée, mes besoins physiques réapparurent. J’avais faim, comme un loup qui aimerait manger un éléphant. Je pris mon portefeuille, mon cellulaire et parti explorer la scène gastronomique que j’allais supporter pour les prochains mois.

Une enseigne accrocha mon oeil, le RFD, le Real Food Daily. Daily parce que oui j’allais y être souvent et parce qu’ils semblaient servir de la nourriture végétarienne, organique… Ahh la Californie et l’organique, ils allaient me combler et à chaque jour me rappeler pourquoi j’avais élu domicile dans ce coin du monde.

Sur la terrasse, en scannant le menu, un Element 2016 comme je les aime se stationna avec deux planches de surf sur le top. Un couple dans la quarantaine avancée, tout bronzé, tout beau, tout heureux. Ils prirent place tout près de moi. Aussitôt, je leurs demandai quel était le meilleur spot de surf dans la région en spécifiant que j’étais nouvelle au coin. Ils m’expliquèrent qu’à 20 minutes en voiture, je trouverais un surf shop juché sur le bord de la plage et que dans quelques heures, les vagues allaient être idéales à surfer, qu’ils y allaient après leur bouchée et que j’étais la bienvenue de les suivre. Gé-ni-al.

C’est donc l’appétit rassasié que nous nous rendîmes vers le Pacifique, grand bleu majestueux, avec ces vagues désireuses de nous amuser. Au surfshop, quelques faux hippies se tenaient au comptoir, à parler du nouveau film 3d « Infinity » dans lequel la pression atmosphérique, la température et les odeurs changent dans le cinéma. Tranquilement, sans trop se déranger, ils se penchèrent sur mon cas pour m’équiper pour cet après-midi de surf. Le propriétaire, Adrian, très gentils, me proposa de venir tous les mercredi soir à des soirées de projections de films de surf et de discussions sur la préservation de l’océan. Évidemment, ce rendez-vous fila droit au poste dans mon iPhone 10GXs.

Une fois ma planche cirée, je pris tout de même un moment pour admirer le paysage avant de l’intégrer. Du sable, la mer, aussi loin que mes yeux pouvaient voir. Lisa et Phillip passèrent me voir, me demander si j’avais tout ce qu’il fallait et les deux coururent vers les vagues comme 2 enfants qui voient la mer pour la première fois.

Un pas léger dans le sable, l’eau me surpris de sa froideur sur ma peau que le soleil avait réchauffé. Et je me rappelai pourquoi je m’étais enfuis du froid glacial… Une fois rendue au spot, il y avait tellement de gens dans l’eau! Il y avait pratiquement une file d’attente. Ça faisait un bout de temps que je m’étais élancée sur ma planche, je décidai de ramer vers un coin plus calme, où seulement 2 personnes étaient assises sur leur planche à attendre leur ride.

Une vague se dessina sur l’eau, je me tournai à ramer de toutes mes forces, la vague vrombit sur sa route et m’embarqua avec elle. Dans cet enivrement, du coin de l’œil je vis qu’un autre était sur la même vague et ce dangereusement proche de moi. Cette vue me fit perdre l’équilibre et la vague me ramassa, tête première dans l’eau, la planche se percuta à ma tempe gauche, et je ne me souviens plus des 3 minutes suivantes.

Mes yeux chauffaient, ils s’ouvrirent avec cet inconnu dans ma face, je m’étouffai, me relevai avec je ne sais trop quelles forces. Les cheveux chocolat, l’eau perlait sur sa peau basanée. Visiblement, il était soulagé de me voir respirer. Wow, j’aurais pu y rester ou quoi? Une journée après mon arrivée et je me pétais la tête dans l’eau? Décidément le genre de péripétie dont ma mère me préviendrait en lui rétorquant que c’était impossible.

De son bras d’homme aux veines traçant une petite carte routière, il m’aida à me relever. Je pris une grande inspiration.

« Wow, you scared me to death!  … I shouldn’t have taken this wave, you were on it before me..Sorry. » Me dit-il en souriant, visiblement embarassé.

« You’re the local, I’m the new one, the waves was yours » dis-je avec une pointe de sarcasme en souriant.

« That wouldn’t be the best way to welcome you in town. Don’t go back yet to your hometown, it’s great here, when you don’t drown anyways… So, what’s your name? »

« I know it’s great, but you saved me right? So it’s not that bad of a start. It’s Aude, A-u-d-e. You? »

« Aude, nice to meet you. Dane. I don’t think you should get back there, you passed out for a couple of seconds and if you go back, I won’t be able to relax… »

« Ok, I’ll just start working on my Californian tan… »

« O-kay… Well, I’ll go catch some waves, if you wanna have tea after at my place in about 30 minutes…You’re welcome to join me. I mean, I’m a national hero now and you survived, it’s quite something to celebrate… »

« You celebrate with tea here in Santa Monica?… Wow am I gonna miss Montreal… »

« Ahah, let’s start with that, we’ll see! I’ll be back.  »

Oh mon dieu, mon cœur débattait comme un grand tambour. Avait-on besoin de frôler la mort pour vivre 2 fois plus fort? Peut être. Le ciel en toile de fond, tout à coup l’air semblait plus léger qu’au sommet de l’Himalaya. Je fis mine de regarder les quelques passants sur la plage, mais je ne regardais que lui.

Les longues minutes passèrent et il revint, le souffle haletant, il se laissa tomber quelques minutes près de moi et m’expliqua comment les vagues étaient sournoises ces derniers jours. Il réitéra son invitation, je le suivi, laissant mes pieds glisser dans le sable encore chaud.

Sa maison sur deux étages laissaient une vue imprenable sur la mer, d’une fenêtre qui n’en finissait plus d’ouvrir les murs. Je lui expliquai mon parcours, le projet web dans lequel j’allais m’investir. Il m’expliqua rapidement son enfance ponctuée de déménagements à travers les différents états et sa carrière dans l’industrie de l’automobile électrique. Quelques heures plus tard, le soleil entamait son amerrissage vers l’horizon. La conversation avait dévié dans tous les sens mais toujours avec un débit naturel et intriguant.

Il me resservit du thé, au jasmin comme je l’aime.  Je fis mine de m’étouffer, en souriant en coin. Il s’approcha de moi et me chuchota à l’oreille:

« Do you want me to save you again? »

« Yes… Please… »

Et me fit le bouche-à-bouche le plus sensuel de l’histoire depuis Baywatch. La Californie allait décidément être « hot », dans tous les sens du termes.

L’amour, comme une danse

20 Juil

L’univers recherche toujours un équilibre, pour chaque plus il y a un moins. Plus je vais vers toi, plus tu reculeras et dès que je rebrousserai chemin, tu me suivras.  Il y a des plus et des moins dans nos vies et sommes toutes, peut être avons nous tous de la chance et des opportunités de façon égale.

Ce principe de la physique est trop vrai, même en amour, ça me renverse. C’est si simple comme manœuvre, si simple de l’exécuter à notre guise lorsque l’on comprend le principe, comme des pas de danse que l’on apprend.

Mais cette danse, qui recule et qui avance, ce n’est pas l’amour. Le pouvoir, la force et la raison  sont contraires à l’amour.

Le vrai amour, je crois que c’est la rencontre de 2 cœurs rayonnant la même énergie et s’admirant de façon équilibrée. Une relation dans laquelle aucun jeux de pouvoir n’est exercé. Dans cette relation symbiotique, le pouvoir humain s’incline sous le pouvoir du cœur et s’éloigne car l’équilibre existe enfin. Les forces humaines peuvent dès lors être investies dans des activités productives et constructives.  Dans ce cas,  s’abandonner à ses émotions sera source de bonheur et non de souffrance perpétuelle. Bien sûre, un jour ou l’autre, l’équilibre pourra tomber et le cœur abandonné pourra être piétiné.  C’est le pari que l’on prend lorsque l’on brasse un « je t’aime » en lançant les dés de nos décisions.

Pensez-y: Car si tous nos pas s’annulent d’un pas opposé, comment peut-on avancer? On reste sur place. Oh il peut certes y avoir de la passion dans cette danse mais rien qui ne fasse que le couple avance.

Je nous souhaite de trouver cette personne avec qui nos pas, notre âme et notre cœur avanceront doucement, en regardant vers l’avant, les yeux bien au-delà du plancher, n’ayant plus peur de tomber.

Pensées d’une athée

13 Juil

**Attention, je ne suis pas contre les religions, j’aimerais avoir la foi en Dieu en fait. Ce texte vous explique le raisonnement logique qui m’empêche d’affirmer avoir la foi en une religion telle que les hommes les proposent.**

Voici une conversation typique qui résume la spiritualité de plusieurs esprits « modernes »:

-Est-ce que tu as la foi?

-Oué, ben tsé, je crois pas en un Monsieur avec une barbe blanche assis dans les nuages là mais je crois qu’il y a une force là qui fait tout ça.

-Pratiques-tu?

-Ahah… Non, j’me rappelle même plus de la dernière fois je suis allé à l’église.

C’est à croire que tout le monde veut se « backer » une place au paradis juste au cas où il y en aie un. Parallèlement à cette simili-croyance, la plupart des gens ne respectent aucunement les enseignements religieux, blasphèment à tour de bras et commettent des pêchés dont Dieu ne serait sûrement pas fier. Pour ma part, je ne suis vraiment pas croyante en aucune religion. Même si je suis totalement incapable de prononcer de un sacre vive voix , je suis athée, comme beaucoup d’entre vous également.  Quoique c’est un sujet très complexe, je tenterai de vous exposer ce que je pense de la religion et de ce que les hommes en ont fait et pourquoi je ne peux me dire chrétienne, protestante, ou autre. Prochainement, je vous présenterai mes croyances spirituelles, parce que nous avons évidemment tous un côté aimant jouer avec l’intangible et l’encore incompris et comme dirait John, « Every one believes. »

1. Nos croyances sont directement liées à notre lieu de naissance

En effet, si je serais née dans une famille bouddhiste, je serais bouddhiste, je serais musulmane ou autre.  Nos croyances religieuses sont très souvent un bagage culturel légué par notre entourage et notre famille. Si ces croyances venaient de l’au de-là, alors peu importe le contexte dans lequel un enfant grandit, ces croyances seraient innées en soi. Non, elles sont apprises, enseignées, étudiées, récitées. C’est un langage que l’on apprend comme notre langue maternelle et qui nous permet de traiter avec des enjeux sociaux, personnels et spirituels.

2. La religion: Une parfaite bouée de sauvetage

Il y a beaucoup de gens qui soudainement croient et sont illuminés d’une lumière divine après avoir vécu une période sombre et difficile. Selon moi, durant ces périodes creuses, la tête doit créer ce système de croyances et de pensées afin de sauver l’être physique de « péter au frète ». Dieu est amour infini, il ne juge pas, il pardonne tout et ne vous laissera jamais tomber. C’est un concept parfait pour voir un peu de lumière dans le fond d’une cellule de prison. Et je trouve cela merveilleux en effet que la croyance en Dieu puisse avoir sauver et redresser le parcours entaillé de tant de gens. Si j’avais commis un crime impardonnable, peut être que moi aussi je me mettrais à croire en Dieu, parce que c’est possiblement la seule conception qui me ferait sentir aimée et pardonnée.

3. Un guide de pensée

On est en 1942, dans le fond de la campagne, pas de radio, pas de télévision, quelques années d’école sous la ceinture avec pas mal de trous avec de la chance. La religion à ce point était essentielle pour partager une histoire qui proposerait un guide de valeurs et de comportements louables aux individus. Sans compter que l’église devenait un lieu crucial de rassemblement, l’être humain étant une bête sociale ayant besoin de contact pour se rassurer de ses chances de survie (la solitude tue le cœur).

4. Un outil de contrôle

Alors que le Vatican prône la pauvreté dans son palace plaqué or, la menace de brûler en enfer fût un outil idéal pour modeler le comportement des individus à la guise des représentants de Dieu. L’église avait alors un pouvoir démesuré sur un ensemble de décisions et, à l’aide de la peur, pouvait aisément faire faire des choses ridicules aux gens. Comme obliger les femmes à avoir 15 enfants, obliger les hommes à aller se faire tuer à la guerre, pousser les gens à donner toutes leurs économies pour Dieu (plusieurs scandales de fraudes de l’église), etc. Sans cette dotation de pouvoir, la religion perd de l’intérêt pour l’homme, bête opportuniste. Et puisque les gens octroient aujourd’hui moins de pouvoir à la religion qu’auparavant, curieusement, moins de gens sont portés à devenir prêtre…

5. La réponse parfaite et ultime à tout ce qui est encore incompris de la science

Autrefois, tous les phénomènes naturels étaient explicables par la main de Dieu. Du tonnerre, un déluge? Dieu veut nous punir! On comprend bien aujourd’hui l’accumulation de charges électriques dans l’air, l’humidité, lalala pour expliquer ces phénomènes naturels et très explicables scientifiquement. Ainsi, au fur et à mesure que l’on comprends des choses, moins les gens croient. Bien sûre, il vient un point où l’infiniment grand et l’infiniment petit émerveillent les scientifiques d’une beauté si pure qu’ils peuvent en venir à croire que seul Dieu pourrait être à la source d’une telle complexité.  Mais, encore là, les décennies nous apporteront des réponses incroyables et la beauté de la vie brillera d’elle seule et non dans l’ombre d’un personnage humanisé qui orchestre le tout. À travers les trilliards de galaxies, je trouve cela extrêmement arrogant de penser qu’un être nous ressemblant est à la source de cet univers d’une complexité démesurée. Les Zirgantao (les habitants d’une planète que je vienne d’inventer dans une galaxie plutôt loin de chez-nous cette fois-ci), ont sûrement des croyances à des années lumières des nôtres, peut être habitent-ils près de la source de la vie, la Rrrropilidada, une fontaine mauve et lumineuse expirant des électrons, des protons, des neutrons, de la matière qui dessine l’univers depuis la nuit des temps.

6. La croyance fait l’existence

Ultimement, croire en quelque chose fait que cette chose existe. Je m’explique. On croit que le temps existe, alors il existe, pourtant les scientifiques nous disent que le temps n’existe pas. L’amour existe, le parcours de vie, les objectifs, le rôle de l’homme et de la femme, l’importance d’étudier, de travailler, tous ces concepts existent parce que nous y croyons. Si je me cogne la tête et j’oublie tout, plus rien n’existe. Un parent c’est quoi? Un emploi? Connais pas! dis-je encore étourdie. Lorsque je rêve, je vis physiquement des émotions et le film qui se déploie en mon esprit me fait vivre concrètement des réactions physiques alors qu’il n’y a rien qui n’existe vraiment. Prenons un daltonien par exemple: Sa réalité est différent de la mienne et ce dû aux différences biologiques qui nous caractérisent. Je crois savoir ce qu’est le bleu? Non, je ne le sais pas. Ce n’est qu’une relation entre les pigments, la réflexion de la lumière et mes capacités visuelles en tant qu’homo sapiens. Un chat ne voit pas le ciel de la même façon. Bref, toutes ces idées créées de l’homme prennent vie dans notre tête et notre réalité est totalement définie par le traitement que notre cerveau fait des stimulus extérieurs.

7. Qui a raison?

Tu penses que ta religion est la bonne? Ah ben, parce que moi je vois des gens ici et de l’autre côté de l’océan qui sont prêts à se faire sauter tellement ils croient en « leur » Dieu. Wow… Il faut y croire en *****.  Encore une fois, sont set de croyances religieuses est une relation directe de sa culture. Je ne pourrais pas être chrétienne. Ça l’impliquerait que Bouddha ou Mohammed ou je ne sais pas qui n’existent pas. Comment puis-je en juger si je n’ai pas vécu avec eux, étudier leur religion?? Ils y donnent leur vie!! Il doit bien y avoir du sens dans ce pourquoi ils croient de toutes leurs forces? Donc le fait que tant de versions soient crées et si conflictuelles prouvent qu’il n’y a aucune version vraie et que les versions s’ajustent plutôt à la réalité culturelle de chacun des bassins de population et qu’elles se moulent sous le poids de l’histoire mondiale.  Vous me direz qu’il y a un fil conducteur qui les relient tous ensemble à un point X ? Ce point X, c’est la limite de notre compréhension de la beauté du monde et de la vie. Un jour, le X sera défini.