Pour que nos rêves nous entendent.

22 Sep

Les oreilles sont bouchées, mais ce n’est pas à cause de gouttes d’eau chlorées cette fois-ci, comme lorsqu’on passait nos journée à se friper les doigts dans la piscine, non, c’est à cause d’écouteurs. Les écouteurs, quel nom ironique, car ils nous empêchent d’écouter bien des choses. Des choses comme le silence, les bruits d’ambiance, les discussions qui ne font aucun sens en bout découpés, ceux qui parlent un langage étranger et qui s’esclaffent pour on-aimerait-savoir-quoi et, de façon plus importante, notre Conscience. Oui, ultimement, ils nous empêchent de nous entendre soi-même.

D’ailleurs, la mort prématurée de mon iPaude (je l’avais baptisé ainsi, c’est peut être l’eau bénite que j’ai versé dessus qui l’a achevé, l’expression « pomme pourrie » prend tout son sens dans ce cas car il est mort après une vingtaine d’utilisation) est sûrement l’une des meilleures choses qui me soient arrivées, professionnellement parlant. Jamais mon cerveau ne fut assiéger d’autant d’idées nouvelles, inattendues et d’inspiration farfelue et je ne peux m’empêcher de remercier le silence pour avoir ennuyé mon cerveau de fille hyperactive ADD style. Parce que une fois ennuyée, je n’ai que de choix que de penser et d’imaginer. En fait, être confronté à une page blanche est le meilleur exercice qui soit pour développer sa créativité. Lorsque j’étais petite, je n’avais pas de cahiers à colorier et ma mère me donnait des pages blanche neige que je devais remplir des fruits de mon imagination. 20 ans plus tard, dans ce silence doré, il se peut que j’aie pensé à vous, un instant, que j’aie révisé nos dernières interaction en tentant de prédire notre prochaine conversation. Et on imagine la scène 100 fois en pensant pouvoir contrôler quoi que ce soit, et pourtant, chaque micro-détail poussière de vie peut tout changer.

Je vous donne un exemple. En Colombie, Flo et moi on sort pour aller rejoindre Chris. Il va peut être pleuvoir, j’amène mon petit parapluie compacte. Je le laisse dans la chambre à Chris pour ne pas le trainer. Je l’oublie à tout jamais dans ces trucs et il chill désormais en Californie en ce moment.( Pfff… Je m’en fou, tu peux bien t’amuser là-bas Totes, tu es inutile dans ce royaume du soleil et du beau temps, je m’en fou vraiment parce que moi j’adore la pluie, le gris me va à merveille, j’adore claquer des dents pour muscler ma mâchoire, avoir froid jusque dans les os et avoir les ongles bleus sans vernis à ongle super toxique. Donc Totes, amuse toi à Playa Hermosa, c’est F-I-N-I). Oui donc je disais… Ok, je n’ai plus de parapluie et aujourd’hui, diantre, il pleut et mes petits cheveux de bébés se montre le bout du nez. Je me dirige donc vers le La Baie pour te remplacer, Totes! Donc, j’arrive 25 minutes plus tard à ma rencontre (oui, ça été long, parce que je suis une fille et que je dois remettre en question mon premier instinct juste pour me rassurer que c’est le bon. J’ai évalué l’impact psychologique de chaque motif de parapluie et j’ai choisi le motif pied-de-poule, ça fait huppé, english classic tweed et automne). Donc ce petit geste en Colombie a changé le bus que j’allais prendre, le moment auquel je lui serrerais la main, tout. Tout en ce moment redéfini de façon continue le reste de notre vie, chaque geste peut redessiner ce que l’on croyait être notre destinée. Réaliser ce point redonne tout un poid aux petits gestes anodins qui nous exaspèrent. Laissons-les faire leur travail, ils sont à même de nous diriger vers notre destin alors que l’on croit comprendre ce qui se passe.

Tout ce qu’on peut faire, c’est de chuchoter au présent nos rêves les plus fous (sont-ils vraiment fous ou seulement fous pour notre esprit cynique ayant la phobie des hauteurs?) et de projeter le film de la vie qui nous enchante.Vous vous voyez vous envoler sur un voilier vers le bout de la Terre, élevant des abeilles en Abitibi ou en amour avec un bébé à Brossard? Votre réponse est toujours la meilleure car elle est, selon moi, la seule possible. Moi, (ok, je trouve que ça sonne cliché picture-perfect comme réponse mais c’est la seule que j’ai) je me vois en Californie avec une maison indépendante énergétiquement, 3 enfants, mon mari/partner et une moyenne entreprise qui allégera les pas de géant obèse de l’humanité sur notre planète. Oui, je veux être millionnaire et je crois qu’il faut être à l’aise avec cette idée pour en favoriser la concrétisation. Mais, avant même de comprendre le concept de l’argent, je faisais mes plans de maisons luxueuses, magasinait des voitures dignes de James Bond et faisait des petits plans d’affaires. Et, en flirtant avec ces idées et ces images depuis toujours sans qu’elles ne m’intimident, je vois le chemin se matérialiser devant moi sans trop me poser de questions.  Pour l’instant, je n’ai que quelques sous dans ma poche et  j’ai pourtant confiance que mes inclinaisons pour la beauté seront satisfaites (oui, j’aime les belles lignes, les belles matières, les plats bien montés).  Allez valeureux petits sous, faites moi des bébés dollars, avec des huards fiers et dominants sur un lac calme au grand soleil levant.

Ah, l’argent, ne serait-il pas bien si on pouvait en avoir assez pour ne plus y penser? Est-ce possible ou bien une fois les coffres pleins notre coeur se vide de choses plus précieuses? Je n’ai pas peur de la richesse, aucunement. Je crois qu’avec des valeurs bien placées et bien taillées, chaque individu peut user de sa raison pour redéfinir le paysage qui l’entoure selon l’utopie qui charme son l’esprit. En fait, je suis éduquée, consciente de l’environnement, touchée par les problématiques sociales (je donne déjà à quelques causes qui en valent la peine) et donc c’est ma responsabilité de créer de la richesse et de gagnez, à la sueur de ma passion, un x% des richesses disponibles et de m’assurer que ces fonds seront redistribués de façon équitable et bénéfique à notre société. Sinon, quelqu’un d’autre mettra le grapin dessus. Quelqu’un de bien, oui, fort possiblement et j’espère que ce sera VOUS. Mais ça peut être quelqu’un de cynique et d’égoïste, qui habite loin, dans le fond de son nombril sale, ça peut être n’importe qui avec des valeurs croches et dures comme de la roche. Belle excuse que je vous monte là pour justifier que je veule être milionnaire d’ici mes 30 ans, n’est-ce pas? Et bien, on ne parle pas de chiffres ici, mais je pense à l’impact que je pourrai avoir. Je pense aux gens à qui je pourrai offrir un emploi qui ne les fera pas maudire l’arrivée du lundi. Je pense à l’ensemble du « value chain » que je pourrai créer et l’ensemble des défis que je devrai surmonter avec eux, le speech que je vais faire à Noël et qui les rendra émotifs, un petit frisson sur les bras dans l’idéal. Il y a un milion de gestes pour me rendre à ce moment clé de ma vie auquel je pense à tous les jours. Des milliards, de l’infini de moments comme ceux  présentement qui nous sont donnés d’être vécus sur un plateau d’argent. Donc, on peut penser que chaque petit geste anodin a une importance infinie qui redéfinit constamment notre présent ou, à l’opposé, croire en la destinée et se sentir guidé par une ligne déjà tracée. Dans ce cas, peu importe la direction de votre pas, les évènements qui surviendront devaient arriver et rien n’aurait changer ce cours, pas aucune décision peu importe combien de fois vous tenter de conceptualiser vos dillemmes. À quelques moments, sur le chemin, vous regarderez en arrière et le mystère ne sera plus, les choses seront claires. Il est toujours assez amusant de remonter la chaîne des évènements et de réaliser le pourquoi des choses et de sourire en pensant à ce qui fut, un jour, si déplaisant, à en pleurer sa vie et en se gavant de biscuits. LE COQ

L’ÂNE: Finalement, pensons qu’aujourd’hui, hier et demain, des enfants, des nouveaux nés vont mourir, des millions de gens vont mourir de soif et de faim (Les médias sociaux se substituent à la messe ma foi). Elle était bonne cette longue douche chaude ce matin et ce déjeuner qui ne ne nous tentait pas, on avait même pas faim. Chacun des gestes que l’on pose et chacune des chances qui vient à nous en nous tendant timidement la main doit être embrasser de notre lumière, celle qui guide notre chemin, notre chemin qui en croisera des milliers, peut être des millions d’autres. Et c’est ce que nous devons à notre chemin si bien tracé que, dans le silence quelques fois, nous pensions à notre condition et à celle des autres en mettant toute notre énergie et nos forces à penser aux idées qui pourront faire un petit peu de bien à ceux qui ont mal. C’est notre responsabilité, nous, ici à vivre dans les meilleures conditions au monde, en étant riches déjà, jeunes et bouillonnants de vitalité. Et pourquoi pas se dire que chacun des petits gestes posés prochainement nous rapprocheront d’un avenir aussi brillant que nos yeux devant notre gâteau de fête à 16 ans alors que tout était vraiment encore possible? Parce que depuis, rien n’a changé.

Alors berçont nos rêves, quelques fois, dans le silence, pour qu’ils nous entendent, nous et notre conscience.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :