Journal de voyage

14 Août

12 août 2010

Premièrement, relater ma nuit à Boston qui fut géniale. Mon host Ryan m’a permis de voir des coins de Boston et un visage que je ne connaissais pas. Une architecture travaillée, des briques à n’en plus finir, des restaurants délicieux, des lieux historiques contrastant avec des tours à immeubles hyper modernes, des pubs irlandais sympas…Pas une seule seconde je me suis sentie en danger, j’ai dormi chez lui gratuitement plutôt que de payer une chambre 32890 $ dollars (Boston n’étant pas une ville de hippies) alors bref je vous recommande chaudement un profil sur couchsurfing.com, vous serez gagnants en tous points. Faites confiance aux gens et respectez-les, ils répondront à cette confiance et à votre ouverture. Un point a ressorti de nos conversations (il a étudié en business alors vous comprendez qu’on avait pleins de trucs à se dire!) : Le système d’éducation americain vous endette tellement que, une fois gradué, vous devez absolument travailler comme un chien à faire des heures de fou et à servir cette économie sans pitié. Pas de temps pour voyager à travers le monde pour lui qui a 80 000$ de dettes. Il doit donner sa vie à son employeur, leur plan a marché.

Voila maintenant 2 jours que je suis arrivée en Colombie. Durant le vol floride/bogota, j’ai eu la chance d’être assise à côté d’une colombienne, laquelle se donna comme mission de bien me préparer à mon arrivée. Sur les pages de mon journal intime, nous avons pratiqué toutes les phrases susceptibles d’améliorer la qualite de mon experience. Il semble tristement qu’aucune de ses phrases ne m’aient aidée jusqu’à présent, ah ah, et je désire désormais apprendre l’espagnol, une langue dont la sonorité est renversante, si belle, si sensuelle à l’oreille. Nous avons échangé nos coordonnées, arrivées a l’aéroport, elle s’assura que j’étais bien en sécurité avant de partir. J’attendis Alejandro, le père de Florence, qui venait me chercher. 1 heure plus tard, il arrive en trombe, il s’était blessé, il saigne sur le bras, rien de grave, mais l’aventure commence. Cette journée-là,  je l’ai suivi à gauche et à droite dans la ville, faisant multiples appels.. Enfin, ce n’est pas Cuba!🙂  Je ne sais pas si je suis naïve ou inconsciente, mais malgré tous les dangers que j’ai croisés hier et aujourd’hui, ça me rend ivre de joie. Pourquoi ? Je me le demande. C’est enivrant de marcher seule (aujourd’hui je voulais explorer par moi-même) avec des militaires à tous les coins de rues, hier soir de se rendre dans des ruelles avec des hommes tenant un chien que je ne flatterais pas même si on me payait (ceux qui savent comment j’adore les chiens comprendront que le chien à l’air d’une machine à détruire et non d’un gentil pitou). Dès le trajet de taxi en auto tamponneuse, j’ai compris qu’on était dans un autre monde. Il se passe quelque chose en Colombie en tout les cas. De mes yeux nouveaux je perçois, enfin, de façon très floue et superficielle pour le peu que j’en sais, mais je vois les racines d’une guerre se dessiner. J’ai demandé à Ale pourquoi y avait-il autant de militaires, lui demandant si c’était dans le but de nous protéger. Et bien non, me dit-il, ce sont des militaires finances par les corporations américaines afin de les protéger d’une éventuelle attaque de la Guérilla, qui est très puissante en Colombie, une armée de gauche ayant des liens communs avec Che Guevara et enfin avec tout ce mouvement socialiste anti-esclavage aux américains que vous connaissez sûrement. Et c’est dur parce que d’une part, on voit que ce n’est pas facile pour les gens ici de vivre et de faire de l’argent. On vient à se demander s’il n’y a pas quelque chose de notre système qui soit bénéfique parce qu’il me semble que notre vie soit beaucoup plus smooth mais je ne veux pas porter de jugement si hâtif. Mais pour moi, c’est dégoûtant de savoir que Comcel est américaine, de voir des Dunkin Donuts, de savoir que les américains prennent le pétrole colombien, le raffine et le revende à un prix de fou. La tentation américaine servira une minorité seulement de Colombiens et pour les autres, ils verront l’argent sortir du pays plutôt que d’y rester.

14 aout 2010 7h50am

(reprenons où j’en étais) Tout le monde est très gentils ici, c’est comme si personne n’est un inconnu, beaucoup plus chaleureux et unifié que l’Amérique du Nord et pas seulement à cause de la température. Je me suis donc introduite dans les rues commerçantes de ce quartier plein de vie. Tous y travaillent si fort pour faire quelques pesos. Le plus drôle était sûrement un homme avec une balance chargeant 200 pesos pour découvrir son poids. Enfin, y faire sa vie ne semble pas facile. La nourriture est délicieuse! Quoique sur la rue on peut goûter à des trucs très étranges, les restaurants comblent mes papilles gustatives. J’ai mangé une soupe de crème avec du poulet, du maïs, avec à côté un avocat, du riz et un vin local.  C’était fabuleux comme repas. La nourriture est très grasse ici, beaucoup de friture et pourtant, on ne prend pas de poids, on fond le gras…

Ale et moi sommes embarqués dans un mini bus aller chercher Florence (La STM c est definitivement le grand luxe!!!). Débarque au mauvais stop, marche dans l’herbe longue dans la pluie dans le noir, on fini par prendre un taxi, on arrive là-bas, Flo sort de l’aéroport 2 heures plus tard que prévu, ce fut comment dire… éreintant!

Revenus à notre base-camp, on est allés boire de la chicha dans le bar d’à côté. On a fini en arrière du bar et j’ai pu faire jouer la tune qui m’euphorise :  Kid Cudi « The Pursuit of Happiness. C’était comme si on connaissait tout le monde déjà, c’est ce qui accroche le plus je crois de ce beau pays.

Durant la nuit,  Flo me réveille et me demande si je les ai vus… Vu quoi, je demande : « Mes boarding-pass » me répond-t-elle, elle me demande s’ils sont drôles, bref, une conversation avec une pro-somnanbule comme Flo c’est toujours tres cohérent. Mais rien à voir avec ce qu’elle disait à 7 ans, ayaya!

Le lendemain, on a encore débarqué au mauvais aéroport pour notre vol national (il fallait aller à l’aéroport international pour notre vol national !?)  On demande l’information à des policiers. Ils nous proposent ensuite d’embarquer dans le camion de police et nous y conduisent avec une moto qui nous suit en arrière. Assez coquasse de débarquer du truck de police lol..

Le vol a bien été, en retard évidemment. À notre arrivée dans le mini aéroport sans mur, donnant sur la mer, nous réalisâmes après 1h30 d’attente que Gustavo, le gars chez qui nous restons, n’y était pas. Nous prîmes un taxi jusqu’à Taganga, avec quelques arrêts en route tant la vue était géniale. Pour 25 km dans les montagnes ça nous coûté 18$, ce qui est très bon.

Ok, une fois arrivées pour vrai à Taganga, une fois qu’on a exploré, on a vraiment eu un choc. Quote of the day: » C’est pas l’Uganda mais…  » Il y a beaucoup de pauvreté quand on s’enfonce dans le village plus loin que la mer, des chiens errants partout, des jeunes qui jouent au soccer avec un ballon des années ’60, un classique j’imagine… Les rues sont plutôt des chemins de guerre. C’est vraiment un autre monde. La maison dans laquelle on reste est sûrement l’une des plus belles. J’ai rarement vu une maison aussi artistique, il y a des peintures, des sculptures partout, un bar, des divans en bamboo, enfin, c’est dur à expliquer, même les photos ne rendront pas justice à ce lieu. Quoique notre lit soit douteux (c’est le royaume du party ici…), qu’il n’y ait pas d’eau chaude, pas de serviette (Flo et moi avons une serviette à main pour se sécher), pas de couvertures (je gelais cette nuit, c’est pourquoi je me suis levée si tôt, ah et aussi les coqs, la musique dans le tapis et les gars qui font de la construction à 2 mètres de nos oreilles)… Donc quand je disais hôtel pour les jours précédant, c’était hostel en faite, et bref, c’est vraiment cool de se sortir de sa zone de confort et de vivre la Colombie comme ce doit être.

Alors qu’on mourrait de faim, on a été s’échoir au restaurant du coin. Une fois assises, la 2ieme chose qui frappe, c’est le nombre de beaux mecs oh my god! La moyenne d’âge ici est sûrement de 25 ans, c’était agréablement surprenant ah ah… Mais, afin de rassurer quelques personnes, Flo et moi parlions et elle disait que si elle pouvait (oh what what les si n’aiment pas les « rait » je l’ai eu!) voir Vince déambulé sur ce chemin, ce serait le plus beau spectacle, donc ta belle pense beaucoup à toi à travers les défilés de coq, c’est beau à entendre🙂 .

Notre béa de la journée: J’ai acheté du manger à chien pour le chiot qu’on a adopté momentanément, Gloriosioso, et puis il a à peine mangé. Alors avec le reste du sac, on a nourri environ 10 autres chiens abandonnés. C’était vraiment cool sérieusement. Y’a d’autres gens qui veulent faire pareil maintenant, ah ah, le mouvement Sauvetage Toutou a commencé. Les chiens font tellement pitié ici.

On travaille beaucoup notre espagnol, Flo s’en vient super bonne, il faut dire que son sang colombien doit aider, ces sonorités étaient encrées dans son subconscient je crois. Moi je comprends de mieux en mieux, je connais quelques phrases, ça s’améliore vite en tout cas!  À notre retour, je crois pouvoir tenir une conversation simple en espagnol. C’est l’objectif. Mon plus gros défaut c’est de vouloir savoir parfaitement avant de m’y tenter, il faut surtout oublier son ego pour bien apprendre une nouvelle langue!

Les hommes (colombiens) ici vous cruse sans arrêts. C’est assez incroyable, ils font un bruit de bec assez dérangeant en vous disant des choses hum… lol, vous comprenez. Mais je trouve que c’est drôle plus qu’autre chose, ça ne m’insulte pas, ça fait partie de la culture et des dynamiques hommes-femmes ici. Ils ne pensent pas vraiment ce qu ils disent, c’est une belle comédie. J’ai, en faite, développé une technique pour contrer leur harcèlement. Au lieu de les ignorer, ce qu’ils veulent dans le fond, la conquête, la haine frôlant le désir, je les regarde dans les yeux et je joue avec eux, c’est assez drôle à faire et ça marche très bien, je joue la fille éperdument charmée et ça contre bloque leur tactique.. Lol, en tout cas, maman ne t’inquiète pas, ils sont inoffensifs.

Le soir nous sommes allées prendre quelques verres de vin douteux dans une auberge avec des australiens (2 filles, 1 gars, la prophétie n’est pas encore accomplie) qui font le tour du monde. Notre trois semaines est une blague à côté de ce que d’autres voyagent… Nous sommes ensuite allées au Sensation, un club en haut du surf shop, vraiment un super beau club, la musique était excellente, enivrante et j’y aie certainement vécu un des plus beaux moments de ma vie. J’ai rarement dansé autant, et dieu sait que je me suis faite allée dans ma vie et wow, c’était juste tellement….Libre comme ambiance. Et là, tu te retournes et tu vois la brunante qui découpe les montagnes caressant la mer des Caraibes… C’était juste parfait comme moment. On était exténuées par la suite, cinq minutes de marche et on était de retour dans notre casa.

Alors voilà ces premiers jours de voyage en mots. Flo dort encore, je devrais sûrement récupérer moi aussi. Nous allons à Playa Grande avec nos nouveaux amis aujourd’hui. Et sûrement faire le party encore ce soir. C’est pratiquement le meilleur des deux mondes Taganga. Un village déconnecté, hippie le jour et super festif le soir venu. On ne se cachera pas que plusieurs viennent ici juste pour ça… L’alternance plage-party est définitivement une formule que je vous recommande (évidemment), le décor ne faisant qu’ajouter à la magie de l’expérience.

Asta prunto!

3 Réponses to “Journal de voyage”

  1. Nicole Poissant août 15, 2010 à 12:43 #

    Wow, que c’est l’fun de te lire comme ça. C’est si généreux ton texte. C’est comme si j’y étais. Vraiment cool tout ça Aude, et ne t’arrête surtout pas ! Tu me donnes plus de nouvelles de Florence qu’elle m’en donnerait elle-même. Elle fait du somnambulisme ma cocotte ? Mon conseil quand elle fait ça, c’est qu’elle est stressée ou qu’elle a vécu un grand stress alors quand elle se réveille comme ça, tu l’orientes dans le bon sens. Ex.: elle te demande si tu as ses boarding pass, tu lui dis, oui, oui, tu les as dans tes mains ! Et tu rigoles. Et puis après tu peux lui dire : Oh ! Wow! Regarde, allons vers là-bas ! Et puis demande-lui si elle veut aller aux toilettes avec toi… Elle viendra et te suivra comme une hypnotisée ! Je vous embrasse ma belle Aude. Continuez de vous faire des souvenirs et embrassez Alejandro pour moi. Cuedado la picadura ! xox

  2. Benny août 18, 2010 à 10:50 #

    🙂.
    My Columbian friends would be jealous!
    Enjoy!!

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