Pre-Colombia

8 Août

Je devais partir en Ouganda. C’était le plan, 3 mois et demi. Mon emploi, l’école, tout était placé dans une petite boîte dans ma tête pour que je puisse les rouvrir à mon retour. Puis, des évènements inattendus éclatèrent aux nouvelles, 76 personnes mortes dans des attentas à la bombe dans une ville où je devais aller, dans un café lors de la finale du Mondial de Soccer, bref, des circonstances qui auraient pu marquer mon chemin. Lorsqu’à travers les articles j’ai lu des phrases telles que « Ce n’est que le début », je me suis dit qu’il serait probablement plus sage de décaler mes rêves d’aller explorer l’Afrique lorsque le calcul du risque pencherait en ma faveur.

Je suis donc sur Facebook (vous êtes surpris je sais) à clavarder avec Florence et à lui exprimer ma désolation à l’idée de ne pas partir. Elle me dit alors « Bien, viens avec moi en Colombie », et c’est tout ce qu’il me fallait pour procéder à l’achats des billets. Ah, ces billets! Voici le calcul: 260$ avant taxes Bogota-Colombie (CheapOair.com), avec taxes et frais magiques : 376$ , + 180 $ de bus pour Boston + 200$ pour me rendre à Santa Marta = 756$. C’est donc un prix normal pour ce que je croyais être au début l’aubaine du siècle du style « impossible que je dise non ».

Mais « impossible que je dise non » quand même, l’argent n’étant pas l’un de mes soucis premiers à 23 ans alors que je n’ai pas de vraies responsabilités et que mon corps est « on ne peut plus apte à voyager ». Sans compter mon statut tout brillant tout neuf de célibataire et le fait que j’adore Florence et que je la connaisse depuis sa naissance, eum, non c’est clair que ce voyage tombait à point.

Mardi matin, je partirai donc avec Greyhound faire environ 8 heures de bus (ridiculement long il me semble à un prix tout aussi surprenant). Mon ami (et futur grand philosophe) Renaud m’a équipé de lectures incontournables, Le Horla de Maupassant et Sherlock Holmes. N’ayant jamais complété la lecture d’un bouquin, j’entreprends comme défi de commencer et de finir ces livres. J’appréhende déjà ma perte d’attention après 6 pages de lecture, les yeux balayant les alentours, avec ma main qui tatera l’épaisseur du livre en se disant qu’il y a pleins d’histoires qui se déroulent dans le monde physique autour de moi. Certes, je comprends que la lecture permette de voyager et de développer son imaginaire. À vous faire lire ces mots, je serais bien mal placée de dire que la lecture c’est plate ahah!

Je veux ici faire une parenthèse d’un extrait des conversations que j’ai eu justement avec lui. On parlait de ne pas avoir des regrets dans la vie et que, à bien disséquer le sens de cette phrase que tant de gens répètent, on en est venus à la conclusion que ça peut être très dangereux. En effet, de n’avoir aucun regret pour aucune de ses actions revient à dire, avec arrogance, que nous ne faisons pas d’erreurs et que nous n’apprenons pas de celles-ci, que tout ce que l’on fait est une expérience comme une autre. Oui, il y a des choses que je regrette parce que oui je reconnais que j’ai fait des erreurs. Je regrette, mais n’en reste pas moins que j’ai appris parce que justement je regrette. Il faut valoriser ce processus d’apprentissage, celui de faire des erreurs, car il est sain et naturel, tout le monde fait des erreurs et grâce au regret, on corrige le tir avec la maturité. Si je me foutais de tout, les cheveux dans le vent sur ma moto  une main dans les airs une bouteille dans l’autre, et bien je ne serais pas poussée à reconsidérer mes comportements répréhensibles de jeune fille début vingtaine.

Je suis immensément excitée à l’idée de partir et de faire le voyagement seule, d’avoir organisé mon itinéraire… Je trouve que les phases de célibat sont extrêmement enrichissantes dans la mesure où l’on doit faire les choses par nous-mêmes et parce que nous sommes ouverts à rencontrer beaucoup plus de nouvelles personnes. Ces personnes ont chacun une histoire et une leçon à nous donner, leçon que jamais je n’aurais eu à me pencher la tête sur l’épaule de mon compagnon. Je trouve que c’est en fait essentiel de parler à des inconnus parce que chaque personne que j’aime et que je connais personnellement aujourd’hui fut un jour ou l’autre un(e) pur(e) inconnu(e). Qu’est-ce que j’ai à perdre? Rien! Okay peut être sauf ma liberté si je me fais kidnapper, ahah… Non sans blagues, j’adore les rencontre inusitées.

Hum… à bien y penser, on m’a sérieusement avertie de ne pas parler à des inconnus en Colombie, certaines villes pouvant être dangereuses pour des filles bâties et imposantes comme moi. En fait, tous les conseils qu’on m’a donnés s’avèrent être des choses que j’aurais vraiment fait. Du genre:

  • Ne jamais prendre un taxi aléatoirement dans la rue
  • Ne jamais accepter de garder un enfant quelques minutes parce que la mère pourrait s’enfuir et je me retrouverais avec un enfant
  • Ne jamais aider, donner quoi que ce soit à un mendiant
  • Ne pas porter de boucles d’oreilles, on pourrait me les arracher des oreilles…

Mais fort heureusement, nous nous évaderons loin de la grande ville pour la majeure partie du voyage, à Santa Marta. La soeur de Florence, Mali, y était justement il y a quelques semaines. Dans cette région, les dynamiques sociales seront certainement différentes. Il semble que proche de la mer, tous y soient plus heureux, plus sereins, l’eau étant gage de notre survie, l’eau étant apaisante à l’esprit humain. La simple délimitation des votes démocrates/républicains aux États-Unis souligne bien ce phénomène qui sépare les mentalités des terres intérieures et des côtes. Oui, sur le bord de la mer, moi aussi je suis démocrate, pour le peuple et les gens du monde, exténuée d’aventures au soleil, oui, je suis beaucoup plus peace and love que dans le cahos urbain de villes où flotte la peur du voisin.

Nos mantrendemos en contacto!

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