How I met your father

31 Juil

Mon horloge biologique fait des méchants tics et des tacs en moi quelques fois. Des rêves que je tiens mon fils collé contre mon épaule, tout chaud, dodu, l’amour total. Écoutez, à mon âge, si ce n’était pas de notre culture moderne de performance et de carrière, j’aurais déjà 4 bambins. Je ne suis pas désaxée, c’est peut être moi qui est normale. Dans les 10 000 ans d’histoire passée, une femme avait un enfant lorsqu’elle le pouvait (c’est avant 35 ans ça). On pense que de travailler dans une banque c’est plus important que de fonder une famille, eum, non je ne trouve pas. C’est quoi avoir assez d’argent? Les bébés n’ont pas conscience de la marque de voiture que l’on conduit ou des vêtements qu’ils enfilent à 2 mois. Bon, assez parler de bébés, je vais vous faire peur, je le sens.

Ça me tente de faire de la fiction maintenant. J’ai une curiosité grandissante pour la rencontre de cet homme que j’aimerai de tout mon cœur et avec qui nous fonderons une famille et/ou un empire. Lol. Il est à quelque part en ce moment, peut être avec une autre fille,  dans un lit, au bureau, il pense, il aimerait peut être faire une sieste, comme moi. Il est peut être sorti hier, il trouvait la fille assez ennuyeuse mais il lui fit la conversation, par compassion. Je me demande dans quel pays il se trouve, quel est son plus grand rêve… Nos chemins se traceront et se croiseront à un point X, le point ultime, sur la carte de nos destinées. Je suis tellement romantique…

Je vais donc vous racontez l’histoire de comment j’ai rencontré votre père. Avec cet exercice de visualisation, je me dis que ça serait juste foudébilemental que ce déroulement se concrétise sous mes yeux. Mais si non, j’aurai pu fantasmer un peu.

Here we go..:

Ma grosse valise me glissait d’entre ma main, l’air chaud et lourd de Los Angeles m’avait frappé au visage comme si il était matière. Je revoyais la neige fraîche craquant sous mes pas, dans les champs plats qui s’éternisent du Québec, j’aurais aimé y être, le temps d’un instant. Combien de temps allais-je rester dans le royaume des opportunités et de l’extrême? Je ne savais pas. Mais ce projet d’affaires que j’entamais était assez prometteur pour que je traverse cette phase d’adaptation. Après tout, j’étais tombée en amour avec la Californie. Maintenant que la relation devenait sérieuse, il était naturel de me remettre en question, comme toute femme qui aime se compliquer la vie un jour ou l’autre.

Un chauffeur m’attendait, ça commençait bien. Quelle surprise, il su prononcer mon nom sans qu’il ne sonne comme « bizarre = odd », non, c’est Aude mon nom. Maude sans le « m ». La route fut courte jusqu’à Santa Monica pour s’arrête au 518 , 21st Street  qui serait mon premier chez-moi pour cette aventure. Un quartier très calme, les toits rouges comme je les aime,  proche de tout, j’allais bien m’y plaire.

Quelques unes de mes boîtes étaient déjà arrivées, la plupart des meubles n’étaient pas les miens. J’avais l’impression d’entrer chez un inconnu en voyage et de subtiliser sa demeure. Mais quel bonheur, finalement, j’y était, dans la chaleur, des palmiers dans la cours, la mer à quelques minutes de chez moi.

Maintenant que l’excitation était retombée, mes besoins physiques réapparurent. J’avais faim, comme un loup qui aimerait manger un éléphant. Je pris mon portefeuille, mon cellulaire et parti explorer la scène gastronomique que j’allais supporter pour les prochains mois.

Une enseigne accrocha mon oeil, le RFD, le Real Food Daily. Daily parce que oui j’allais y être souvent et parce qu’ils semblaient servir de la nourriture végétarienne, organique… Ahh la Californie et l’organique, ils allaient me combler et à chaque jour me rappeler pourquoi j’avais élu domicile dans ce coin du monde.

Sur la terrasse, en scannant le menu, un Element 2016 comme je les aime se stationna avec deux planches de surf sur le top. Un couple dans la quarantaine avancée, tout bronzé, tout beau, tout heureux. Ils prirent place tout près de moi. Aussitôt, je leurs demandai quel était le meilleur spot de surf dans la région en spécifiant que j’étais nouvelle au coin. Ils m’expliquèrent qu’à 20 minutes en voiture, je trouverais un surf shop juché sur le bord de la plage et que dans quelques heures, les vagues allaient être idéales à surfer, qu’ils y allaient après leur bouchée et que j’étais la bienvenue de les suivre. Gé-ni-al.

C’est donc l’appétit rassasié que nous nous rendîmes vers le Pacifique, grand bleu majestueux, avec ces vagues désireuses de nous amuser. Au surfshop, quelques faux hippies se tenaient au comptoir, à parler du nouveau film 3d « Infinity » dans lequel la pression atmosphérique, la température et les odeurs changent dans le cinéma. Tranquilement, sans trop se déranger, ils se penchèrent sur mon cas pour m’équiper pour cet après-midi de surf. Le propriétaire, Adrian, très gentils, me proposa de venir tous les mercredi soir à des soirées de projections de films de surf et de discussions sur la préservation de l’océan. Évidemment, ce rendez-vous fila droit au poste dans mon iPhone 10GXs.

Une fois ma planche cirée, je pris tout de même un moment pour admirer le paysage avant de l’intégrer. Du sable, la mer, aussi loin que mes yeux pouvaient voir. Lisa et Phillip passèrent me voir, me demander si j’avais tout ce qu’il fallait et les deux coururent vers les vagues comme 2 enfants qui voient la mer pour la première fois.

Un pas léger dans le sable, l’eau me surpris de sa froideur sur ma peau que le soleil avait réchauffé. Et je me rappelai pourquoi je m’étais enfuis du froid glacial… Une fois rendue au spot, il y avait tellement de gens dans l’eau! Il y avait pratiquement une file d’attente. Ça faisait un bout de temps que je m’étais élancée sur ma planche, je décidai de ramer vers un coin plus calme, où seulement 2 personnes étaient assises sur leur planche à attendre leur ride.

Une vague se dessina sur l’eau, je me tournai à ramer de toutes mes forces, la vague vrombit sur sa route et m’embarqua avec elle. Dans cet enivrement, du coin de l’œil je vis qu’un autre était sur la même vague et ce dangereusement proche de moi. Cette vue me fit perdre l’équilibre et la vague me ramassa, tête première dans l’eau, la planche se percuta à ma tempe gauche, et je ne me souviens plus des 3 minutes suivantes.

Mes yeux chauffaient, ils s’ouvrirent avec cet inconnu dans ma face, je m’étouffai, me relevai avec je ne sais trop quelles forces. Les cheveux chocolat, l’eau perlait sur sa peau basanée. Visiblement, il était soulagé de me voir respirer. Wow, j’aurais pu y rester ou quoi? Une journée après mon arrivée et je me pétais la tête dans l’eau? Décidément le genre de péripétie dont ma mère me préviendrait en lui rétorquant que c’était impossible.

De son bras d’homme aux veines traçant une petite carte routière, il m’aida à me relever. Je pris une grande inspiration.

« Wow, you scared me to death!  … I shouldn’t have taken this wave, you were on it before me..Sorry. » Me dit-il en souriant, visiblement embarassé.

« You’re the local, I’m the new one, the waves was yours » dis-je avec une pointe de sarcasme en souriant.

« That wouldn’t be the best way to welcome you in town. Don’t go back yet to your hometown, it’s great here, when you don’t drown anyways… So, what’s your name? »

« I know it’s great, but you saved me right? So it’s not that bad of a start. It’s Aude, A-u-d-e. You? »

« Aude, nice to meet you. Dane. I don’t think you should get back there, you passed out for a couple of seconds and if you go back, I won’t be able to relax… »

« Ok, I’ll just start working on my Californian tan… »

« O-kay… Well, I’ll go catch some waves, if you wanna have tea after at my place in about 30 minutes…You’re welcome to join me. I mean, I’m a national hero now and you survived, it’s quite something to celebrate… »

« You celebrate with tea here in Santa Monica?… Wow am I gonna miss Montreal… »

« Ahah, let’s start with that, we’ll see! I’ll be back.  »

Oh mon dieu, mon cœur débattait comme un grand tambour. Avait-on besoin de frôler la mort pour vivre 2 fois plus fort? Peut être. Le ciel en toile de fond, tout à coup l’air semblait plus léger qu’au sommet de l’Himalaya. Je fis mine de regarder les quelques passants sur la plage, mais je ne regardais que lui.

Les longues minutes passèrent et il revint, le souffle haletant, il se laissa tomber quelques minutes près de moi et m’expliqua comment les vagues étaient sournoises ces derniers jours. Il réitéra son invitation, je le suivi, laissant mes pieds glisser dans le sable encore chaud.

Sa maison sur deux étages laissaient une vue imprenable sur la mer, d’une fenêtre qui n’en finissait plus d’ouvrir les murs. Je lui expliquai mon parcours, le projet web dans lequel j’allais m’investir. Il m’expliqua rapidement son enfance ponctuée de déménagements à travers les différents états et sa carrière dans l’industrie de l’automobile électrique. Quelques heures plus tard, le soleil entamait son amerrissage vers l’horizon. La conversation avait dévié dans tous les sens mais toujours avec un débit naturel et intriguant.

Il me resservit du thé, au jasmin comme je l’aime.  Je fis mine de m’étouffer, en souriant en coin. Il s’approcha de moi et me chuchota à l’oreille:

« Do you want me to save you again? »

« Yes… Please… »

Et me fit le bouche-à-bouche le plus sensuel de l’histoire depuis Baywatch. La Californie allait décidément être « hot », dans tous les sens du termes.

4 Réponses to “How I met your father”

  1. Emilie juillet 31, 2010 à 5:31 #

    lol Aude, si ca t’arrives, je vais t’envier pour le reste de mes jours!! Entk je me suis bien amusée a lire ton roman, tu devrais en faire plus souvent de ce genre, t’écris si bien🙂

  2. Catherine juillet 31, 2010 à 5:38 #

    Aude, tu devrais écrire un livre!🙂

  3. Guillaume Blain juillet 31, 2010 à 5:45 #

    Merci Aude ! Pour ce superbe texte qui est aussi agréable à lire que de surfer sa première vague. Mais surtout merci de nous avoir fait découvrir cet endroit et ce sport. Le surf me mènera probablement vers les Barbade vers le mois de mai 2011… à suivre.

    • audelib juillet 31, 2010 à 10:58 #

      Guillaume, tu étais un natural! Fais plaisir🙂

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