Conjugez le verbe « Juger »

10 Juin

Je m’amuse souvent à entendre la phrase “Je ne juge personne”. Faux. Impossible. Tout le monde juge en moins de 2 secondes. En voyant la photo de profil d’un inconnu, des milliers de connexions se font dans votre matière grise. Le cerveau a une foule de mécanismes essentiels à notre survie qui nous permettent de juger d’une situation, de s’assurer que les gens autour de nous ne représentent pas un danger, d’être attiré par une silhouette intrigante, etc. Par exemple, vous êtes dans le métro et un homme sale et puant entre et parle très fort au poteau, son nouvel ami. Automatiquement, vos réponses physiques changent, votre posture, rythme cardiaque, vous devenez un peu plus aux aguets et c’est normal, essentiel même. Si vous ne pouvez pas juger, cela revient à dire que tous les humains et situations vous apparaissent de façon neutre. Juger cet homme ne veut pas dire de l’ignorer et de le regarder avec dégoût, il faut garder un esprit de compassion et d’amour à travers nos jugements essentiellement physiques. C’est le défi.

Prochain arrêt: Une femme entre dans le métro avec des seins refaits style 50FF sur lesquels elle s’accote le menton. Recouverts légèrement d’un t-shirt scintillant signé Ed Hardy au design déformé par la nature, vous êtes sûrement très ouverts à l’hypothèse que cette femme fait son PhD en développement social. Vous ne pensez pas? Oh mon Dieu, vous la juger sans la connaître?!  La vérité: Il n’y a pas personne ici qui juge cette fille de la même façon que si cette demoiselle était entrée avec des seins bien naturels. Automatiquement, le champs lexical de “superficialité” s’est étalé dans votre subconscient. Et c’est normal.  Imaginez tout le temps que l’on perdrait si l’on ne jugeait pas. Apprendre à connaître en profondeur des milliers d’humains pour réaliser que oui, en effet, cette personne était simplement différente de toi.

Juger a souvent une connotation négative. En effet, si l’on juge trop rapidement sans apprendre à réellement connaître une personne, ça peut être très dommage et nous fermer plusieurs portes. Personnellement, j’ai des jugements assez prononcés sur la cigarette, par exemple. Oui, en effet, une future mère enceinte qui fume ça me dérange au plus haut point. Je la juge. Jugez moi parce que je la juge. Elle met en péril la santé d’un être humain au nom de l’égoïsme, du manque de volonté et de l’inconscience. “Ouin ben je vais pas arrêter de vivre.” Ok, si c’est ça vivre, wow, on a pas eu la même éducation.

Et oui, je suis consciente par contre que tout est relatif. Justement, on a pas eu la même éducation. Avoir été née dans les mêmes circonstances qu’elle, mêmes amis, même histoire, je serais invariablement au même point qu’elle. Tout est relatif et notre jugement est toujours faux puisque nos réalités sont toutes profondément divergentes. Mais reste que la réalité est telle que nous jugeons, c’est-à-dire nous pensons, nous réalisons, nous analysons.

Bref, je ne me cache pas la tête dans le sable et je reconnais que je juge, que j’analyse. Ma curiosité humaine (en lien avec ma passion pour la marketing et la compréhension des besoins humains) est tout à fait en lien avec cette capacité cérébrale. Juger ne doit pas exclure l’ouverture d’esprit. Mais il y aura toujours la première impression, les “vibes” que l’on ressent sans même connaître. C’est à nous de choisir quelle pomme voulons nous peler et découvrir. Il faut bien être sélectif, parce que des pommes, il y en a quelques milliards…

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